
QuestionRelu par Hugo Berton
Bail dérogatoire : 3 ans maximum, conditions, fin du bail et bail commercial
Bail dérogatoire : bail précaire de 3 ans au plus pour un pop-up store, écrit, état des lieux, loyer libre, fin automatique, maintien dans les lieux après 1 mois.
Par Hugo Berton · · 3 min de lecture · relu le 15 septembre 2026
En bref
Le bail dérogatoire, ou bail précaire, loue un local commercial pour 3 ans au plus, baux successifs compris, sans le statut des baux commerciaux : ni droit au renouvellement, ni indemnité d'éviction. Il suppose un contrat écrit qui écarte clairement ce statut et des états des lieux d'entrée et de sortie, et laisse le loyer libre. Il prend fin seul à son terme ; mais si le locataire reste dans les lieux et que le bailleur ne réagit pas dans le mois, un bail commercial naît. Fiche Service Public vérifiée le 9 juin 2026.
- 3 ansdurée totale maximale du bail dérogatoire ou des baux successifs sur le même local avec le même locataire
- 1 moisdélai du bailleur, après le terme, pour demander par écrit au locataire resté dans les lieux de partir
- 0durée minimale imposée : la fiche n'en prévoit aucune
Bail dérogatoire : les conditions
D'après la fiche Entreprendre Service Public vérifiée le 9 juin 2026, le bail dérogatoire, dit aussi bail de courte durée ou bail précaire, loue des locaux servant à exploiter un fonds de commerce pour 3 ans au plus. Le statut des baux commerciaux ne s'applique pas : pas de droit au renouvellement au bout de 9 ans, pas d'indemnité d'éviction, pas de révision triennale du loyer. La fiche le juge adapté à un magasin éphémère, un pop-up store, ou au test d'une nouvelle activité.
Trois conditions sont cumulatives : un contrat écrit ; une volonté claire du bailleur et du locataire d'écarter le statut des baux commerciaux ; une durée totale, baux successifs compris, d'au plus 3 ans, sans minimum. Plusieurs baux courts peuvent se suivre sur le même local avec le même locataire dans cette limite. À défaut, le statut des baux commerciaux s'applique. Les parties choisissent librement l'activité, le loyer, les charges et les autres clauses.
États des lieux et loyer
Un état des lieux d'entrée est établi à la prise de possession et joint au bail, et un état des lieux de sortie à la restitution, à l'amiable ou par un mandataire comme un agent immobilier ; en cas de désaccord, un commissaire de justice l'établit, à frais partagés. Le loyer est libre et non plafonné ; une clause peut l'indexer, à la hausse ou à la baisse, sur l'indice des loyers commerciaux ou l'indice des loyers des activités tertiaires.
Fin du bail : départ, maintien dans les lieux, bail commercial
Le bail cesse automatiquement à la date prévue : ni le bailleur ni le locataire n'ont de congé à donner. Le locataire libère les lieux, rend les clés le dernier jour et fait l'état des lieux de sortie. S'il reste, le bailleur dispose d'un mois après le terme pour lui demander de partir, par acte de commissaire de justice ou lettre recommandée avec avis de réception. Faute de réaction dans ce délai, un bail commercial soumis au statut naît automatiquement, dès le lendemain du terme ; un bailleur qui se manifeste 2 jours après le terme évite ce basculement.
| Situation | Conséquence selon la fiche |
|---|---|
| conditions remplies, durée de 3 ans au plus | statut des baux commerciaux écarté |
| contrat non écrit, statut non écarté clairement ou durée totale de plus de 3 ans | statut des baux commerciaux applicable |
| locataire parti au terme | fin automatique, sans congé |
| locataire resté, bailleur réagit par écrit dans le mois | pas de bail commercial |
| locataire resté, bailleur silencieux plus d'un mois | bail commercial dès le lendemain du terme |
Partir avant la fin
Le bail dérogatoire est conclu pour une période ferme : le locataire qui part plus tôt doit en principe payer les loyers jusqu'au terme, sauf accord amiable avec le bailleur ou clause de résiliation prévue à la signature, avec son préavis et ses modalités de notification.
Ce que cela change pour la TPE
Notre lecture, pour une créatrice qui teste une boutique pendant 18 mois : un bail dérogatoire écrit, écartant expressément le statut, avec une clause de résiliation si elle veut pouvoir partir tôt ; au terme, si elle souhaite rester, un bail commercial se négocie, et si le bailleur veut récupérer le local, il écrit dans le mois. Voir notre page sur la cession du bail commercial et notre page sur le refus de renouvellement.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne traite ni du bail saisonnier, ni du bail professionnel, ni du calcul des indices de loyer. Fiche vérifiée le 9 juin 2026, lue le 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Quelle est la durée maximale d'un bail dérogatoire ?
3 ans au total, baux successifs compris, sur le même local avec le même locataire ; aucune durée minimale n'est imposée.
Faut-il donner congé à la fin d'un bail dérogatoire ?
Non : il cesse automatiquement à la date prévue, sans congé du bailleur ni préavis de 6 mois du locataire.
Que se passe-t-il si le locataire reste après le bail dérogatoire ?
Si le bailleur ne lui demande pas de partir par écrit dans le mois suivant le terme, un bail commercial naît dès le lendemain du terme.
Peut-on résilier un bail précaire avant la fin ?
En principe non : les loyers restent dus jusqu'au terme, sauf accord amiable ou clause de résiliation prévue dans le contrat.
Le loyer d'un bail dérogatoire est-il encadré ?
Non : il est fixé librement, sans plafond, et peut être indexé sur l'indice des loyers commerciaux ou des activités tertiaires.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Bail dérogatoire (ou bail de courte durée) (vérifiée le 9 juin 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026