
QuestionRelu par Hugo Berton
Cession du bail commercial : clauses, formalités et droits d'enregistrement
Cession du bail commercial : droit au bail seul ou avec le fonds, clause d'agrément, garantie solidaire, départ à la retraite, formalités, droits de 3 % et 5 %.
Par Hugo Berton · · 4 min de lecture · relu le 15 septembre 2026
En bref
La cession du bail commercial transfère le bail à un nouveau locataire pour la durée restant à courir. Le bail peut interdire la cession du seul droit au bail ou l'encadrer par une clause d'agrément, mais pas la cession faite avec la vente du fonds de commerce. Elle suppose un contrat écrit, un état des lieux, une notification au bailleur par commissaire de justice, sauf acte notarié, et un enregistrement sous 1 mois, avec des droits de 3 % entre 23 001 € et 200 000 € et de 5 % au-delà. Fiche Service Public vérifiée le 16 avril 2025.
- 3 ansdélai après la cession pendant lequel le bailleur peut réclamer au cédant les loyers impayés du repreneur, en vertu d'une garantie solidaire
- 1 moisdélai d'enregistrement de l'acte de cession du droit au bail à compter de sa signature
- 2 moisdélai laissé au bailleur pour accepter, racheter ou contester une cession déspécialisation au départ en retraite
Cession du bail commercial : de quoi il s'agit
D'après la fiche Entreprendre Service Public vérifiée le 16 avril 2025, la cession du bail commercial, ou cession du droit au bail, est le contrat par lequel le locataire, le cédant, transfère le bénéfice du bail à un repreneur, le cessionnaire. Le bail initial subsiste avec un nouveau locataire, qui prend la place de l'ancien pour la durée restant à courir. En pratique, la plupart des bailleurs interdisent par une clause la cession du seul droit au bail ; ils ne peuvent pas interdire la cession liée à la vente du fonds de commerce, ni celle résultant d'une fusion, d'une scission, d'un apport partiel d'actif ou d'une transmission universelle de patrimoine, qui se fait sans formalité.
Céder le seul droit au bail, le pas de porte, suppose que le bail l'autorise, souvent avec l'accord du propriétaire. Avec la vente du fonds, le droit au bail est obligatoirement inclus et une clause d'interdiction n'est pas valable, mais une clause d'agrément ou une clause limitant la cession à la vente totale du fonds reste possible. Dans un périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat de proximité, la commune dispose d'un droit de préemption commercial sur le droit au bail.
Agrément, concours du bailleur, garantie solidaire
Une clause d'agrément oblige le locataire à obtenir l'accord du propriétaire, en général par écrit, qui peut accepter ou refuser le candidat. Une clause d'appel à concourir à l'acte fait seulement assister le bailleur à la cession, sans autorisation à donner.
Une clause de garantie solidaire engage le cédant avec le repreneur au paiement des loyers et à l'exécution du bail, sauf si le cédant est en sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire. Pour l'actionner, le bailleur informe le cédant d'un impayé dans le mois qui suit l'échéance et lui réclame les sommes dans les 3 ans suivant la cession. La garantie prend fin à l'expiration du bail, ne joue pas en cas de renouvellement, mais continue en cas de tacite prolongation. La fiche donne l'exemple d'une cession au 1er septembre 2024 et d'un loyer payé le 15 : information avant le 15 octobre 2024, garantie jusqu'au 1er septembre 2027.
Retraite ou invalidité : la cession déspécialisation
Le locataire qui a demandé à liquider sa retraite ou perçoit une pension d'invalidité peut céder son bail pour une activité différente, sans que le bailleur puisse l'interdire, s'il est commerçant ou artisan personne physique, associé unique d'EURL ou gérant majoritaire de SARL depuis au moins 2 ans. Il notifie au bailleur, par acte de commissaire de justice, son intention, la nouvelle activité et le prix, sans demander d'autorisation, et informe les créanciers inscrits sur le fonds, qui peuvent s'opposer si leur garantie devient insuffisante. La nouvelle activité doit rester compatible avec l'immeuble : une laverie bruyante ne l'est pas avec un immeuble d'habitation.
Dans les 2 mois, le bailleur accepte, exerce sa priorité de rachat du droit au bail ou conteste devant le tribunal judiciaire ; s'il ne propose pas le rachat dans ce délai, il est réputé accepter.
Formalités et droits d'enregistrement
La cession suit cinq étapes, sans lesquelles elle n'est pas valable selon la fiche. Les droits d'enregistrement sont en principe payés par le repreneur, sauf clause contraire : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 001 € à 200 000 €, 5 % au-delà, avec un minimum fixe de 25 €. Notre lecture : la fiche ne dit pas comment ce minimum de 25 € s'articule avec la tranche à 0 %.
| Étape | Ce que prévoit la fiche |
|---|---|
| 1. droit de préemption | dans un périmètre de sauvegarde, formulaire adressé au maire |
| 2. contrat écrit | acte sous seing privé, acte notarié ou avenant au bail |
| 3. état des lieux | établi par le bailleur et le locataire sortant, ou un tiers mandaté, et conservé par chacun |
| 4. notification | par commissaire de justice au bailleur et, avec le fonds, aux créanciers inscrits, sauf acte notarié ; identité du repreneur et date de cession |
| 5. enregistrement | au service de l'enregistrement du lieu du local, dans le mois suivant la signature, ou par le notaire |
Ce que cela change pour la TPE
Notre calcul, au barème de la fiche : pour un droit au bail cédé 60 000 €, les droits sont de 3 % sur 37 000 €, soit 1 110 € ; pour 250 000 €, 5 310 € sur la tranche à 3 % et 2 500 € sur la tranche à 5 %, soit 7 810 €. Un commerçant qui reprend un local vérifie d'abord la clause de garantie solidaire et la clause d'agrément du bail. Voir notre page sur le dépôt de garantie et notre page sur la Tascom.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne détaille ni le droit de préemption commercial de la commune, ni la vente du fonds de commerce, ni la procédure de déspécialisation hors cession. Fiche vérifiée le 16 avril 2025, lue le 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Le propriétaire peut-il interdire la cession du bail commercial ?
Il peut interdire la cession du seul droit au bail par une clause, mais pas la cession faite avec la vente du fonds de commerce, ni celle liée à une fusion ou une scission.
Qu'est-ce que la clause de garantie solidaire ?
Une clause qui rend l'ancien locataire solidaire du repreneur pour les loyers : le bailleur doit l'informer d'un impayé dans le mois et agir dans les 3 ans suivant la cession.
Combien coûtent les droits d'enregistrement d'une cession de bail ?
0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 001 € à 200 000 €, 5 % au-delà, avec un minimum fixe de 25 €, en principe à la charge du repreneur.
Faut-il un notaire pour céder un bail commercial ?
Non : le contrat peut être rédigé par les parties ; l'acte notarié dispense seulement de la notification par commissaire de justice et le notaire se charge de l'enregistrement.
Peut-on céder son bail pour une autre activité en partant à la retraite ?
Oui, par la cession déspécialisation, si le locataire remplit les conditions ; le bailleur a 2 mois pour accepter, racheter le droit au bail ou contester.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Cession du bail commercial (vérifiée le 16 avril 2025)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026