
QuestionRelu par Hugo Berton
Refus de renouvellement du bail commercial : congé, éviction, reprise, repentir
Refus de renouvellement du bail commercial : congé 6 mois avant, indemnité d'éviction, motifs graves, reprise du local, maintien dans les lieux, droit de repentir.
Par Hugo Berton · · 4 min de lecture · relu le 15 septembre 2026
En bref
Le refus de renouvellement du bail commercial passe par un congé délivré par commissaire de justice au plus tard 6 mois avant la fin du bail. Le bailleur verse en principe une indemnité d'éviction couvrant tout le préjudice du locataire, sauf motif grave et légitime persistant un mois après mise en demeure, ou reprise pour démolir un immeuble insalubre. Le locataire reste dans les lieux jusqu'au paiement, dispose ensuite de 3 mois pour partir et peut saisir le tribunal dans les 2 ans. Fiche Service Public vérifiée le 15 avril 2025.
- 6 moisdélai minimal entre le congé du bailleur, délivré par commissaire de justice, et l'expiration du bail
- 2 ansdélai du locataire pour saisir le tribunal et faire fixer l'indemnité d'éviction, à compter de la date du congé
- 15 joursdélai du bailleur, après la décision fixant l'indemnité, pour exercer son droit de repentir et renouveler le bail
Refus de renouvellement du bail commercial : congé et indemnité d'éviction
D'après la fiche Entreprendre Service Public vérifiée le 15 avril 2025, le bailleur qui refuse de renouveler le bail commercial à son échéance, après 9 ans, envoie un congé par acte de commissaire de justice au plus tard 6 mois avant l'expiration et propose une indemnité d'éviction, évaluée selon le dommage et couvrant tout le préjudice du locataire. Il n'a pas à motiver son refus s'il propose cette indemnité. Sans congé ni demande, le bail se poursuit par tacite prolongation.
Le locataire peut accepter l'indemnité et partir à la fin du bail, avec état des lieux et remise des clés, ou rester jusqu'au paiement en versant une indemnité d'occupation à la place du loyer ; négocier le montant ; ou saisir le tribunal, en principe le tribunal judiciaire, dans les 2 ans suivant la date du congé. En procédure collective, le tribunal des activités économiques est compétent dans 12 villes, dont Lyon, Marseille, Paris et Versailles, à titre expérimental du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2028.
Reprise du local par le bailleur
Le bailleur refuse sans indemnité d'éviction pour démolir un immeuble insalubre, sur arrêté du préfet, ou dangereux, sur rapport d'expertise ou arrêté de mise en sécurité ; s'il reconstruit des locaux commerciaux, le locataire a une priorité de location, qu'il réclame par commissaire de justice ou lettre recommandée au plus tard 3 mois après son départ. Pour construire ou reconstruire, l'indemnité est due, sauf offre d'un local de remplacement équivalent, avec alors une indemnité restreinte pour la privation temporaire du fonds et le déménagement.
Un bailleur commerçant, artisan ou libéral propriétaire depuis au moins 6 ans peut reprendre sans indemnité le seul logement accessoire au local, pour l'habiter ou y loger sa famille faute d'habitation adaptée, à condition que le logement soit séparable et que sa perte ne trouble pas gravement l'exploitation : une pièce de 13 m² au deuxième étage ne gêne pas une boulangerie-pâtisserie. Le bénéficiaire l'occupe dans les 6 mois et pendant 6 ans au moins, sinon l'indemnité redevient due ; une société ne peut pas reprendre au profit de ses dirigeants ou salariés.
Motifs graves et légitimes : refus sans indemnité
Le bailleur peut aussi refuser sans indemnité pour un motif grave et légitime : loyers impayés ou payés en retard, sous-location dissimulée, changement de destination non autorisé, dégradations, emploi de salariés étrangers non déclarés, violences, injures ou cessation d'exploitation sans raison. Pour une obligation inexécutée ou une cessation d'exploitation, il adresse d'abord une mise en demeure par commissaire de justice ; le locataire a 1 mois pour régulariser, faute de quoi le congé sans indemnité suit, au plus tard 6 mois avant la fin du bail, en précisant le motif et le délai de 2 ans pour contester. La mise en demeure n'est pas requise en cas d'abandon définitif de l'exploitation ou de violences ; sans elle ailleurs, le congé reste valable mais l'indemnité est due.
| Motif du refus | Indemnité d'éviction | Condition selon la fiche |
|---|---|---|
| refus sans motif | due, pour tout le préjudice | congé 6 mois avant l'expiration |
| démolition d'un immeuble insalubre ou dangereux | non due | arrêté ou rapport d'expertise |
| reconstruction avec local de remplacement équivalent | indemnité restreinte seulement | offre d'un local adapté à un emplacement équivalent |
| reprise du logement accessoire | non due pour le logement | propriétaire depuis 6 ans, occupation 6 ans |
| motif grave et légitime | non due | mise en demeure restée sans effet 1 mois, sauf abandon ou violences |
Maintien dans les lieux et droit de repentir
Tant que l'indemnité n'est pas payée, le locataire reste dans les lieux ; le bailleur assure une jouissance paisible et les réparations, même grosses, et le locataire reste immatriculé au RCS ou au RNE et paie une indemnité d'occupation. Une fois l'indemnité versée, il a 3 mois pour libérer le local.
Le bailleur peut se rétracter et renouveler le bail, souvent quand l'indemnité fixée par le juge lui paraît trop élevée, dans les 15 jours suivant cette décision, si le locataire est encore dans les lieux et ne s'est pas réinstallé ailleurs. Il le notifie par lettre recommandée ou commissaire de justice ; le bail est renouvelé à cette date, sans nouveau revirement possible, et le bailleur supporte les frais de procédure, d'expertise et éventuellement d'avocat du locataire.
Ce que cela change pour la TPE
Notre lecture, pour une boutique dont le bail expire le 30 septembre : un congé reçu après le 31 mars est tardif au regard du délai de 6 mois ; un congé régulier sans motif ouvre droit à l'indemnité d'éviction, que la boutique peut négocier ou faire fixer par le tribunal dans les 2 ans, en restant immatriculée et en payant l'indemnité d'occupation. Voir notre page sur la cession du bail commercial et notre page sur le dépôt de garantie.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne détaille ni le calcul de l'indemnité d'éviction, ni la demande de renouvellement par le locataire, ni le loyer du bail renouvelé. Fiche vérifiée le 15 avril 2025, lue le 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Dans quel délai le bailleur doit-il donner congé d'un bail commercial ?
Au plus tard 6 mois avant l'expiration du bail, par acte de commissaire de justice ; sans congé, le bail se poursuit par tacite prolongation.
Le bailleur doit-il payer une indemnité d'éviction ?
En principe oui, pour tout le préjudice du locataire, sauf motif grave et légitime, démolition d'un immeuble insalubre ou dangereux, ou local de remplacement équivalent.
Le locataire doit-il partir tout de suite après un refus de renouvellement ?
Non : il reste dans les lieux jusqu'au paiement de l'indemnité d'éviction, en payant une indemnité d'occupation, puis dispose de 3 mois pour partir.
Combien de temps pour contester un refus de renouvellement ?
2 ans à compter de la date pour laquelle le congé a été donné, devant le tribunal judiciaire en principe.
Le bailleur peut-il revenir sur son refus ?
Oui, par le droit de repentir, dans les 15 jours suivant la décision fixant l'indemnité, si le locataire est encore dans les lieux ; il paie alors les frais de procédure.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Refus de renouvellement du bail commercial par le propriétaire (vérifiée le 15 avril 2025)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026