
QuestionRelu par Hugo Berton
Fiscalité des dividendes 2026 : PFU à 31,4 %, barème, abattement de 40 %
Fiscalité des dividendes : IS à 15 % puis 25 %, acompte de 12,8 %, PFU à 31,4 % ou barème après abattement de 40 %, dispense sous 50 000 €, formulaire 2777-SD.
Par Hugo Berton · · 4 min de lecture · relu le 15 septembre 2026
En bref
La fiscalité des dividendes dépend de la société qui les verse. À l'impôt sur le revenu, il n'y a pas de dividendes au sens propre : chaque associé est imposé sur sa part du bénéfice. À l'impôt sur les sociétés, le bénéfice est d'abord taxé, à 15 % jusqu'à 42 500 € pour les sociétés éligibles puis 25 %, et les dividendes versés à une personne physique subissent un acompte de 12,8 % puis le PFU de 31,4 % ou, sur option, le barème après un abattement de 40 %. Fiche Service Public vérifiée le 21 février 2026.
- 31,4 %prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de charges sociales
- 12,8 %acompte prélevé sur le montant brut des dividendes au moment du versement
- 40 %abattement sur les dividendes quand l'associé opte pour le barème progressif
Fiscalité des dividendes : société à l'IR ou à l'IS
Selon la fiche Entreprendre Service Public « Fiscalité des dividendes perçus par les associés », vérifiée le 21 février 2026, les bénéfices qu'une société soumise à l'impôt sur les sociétés distribue sur décision des associés en assemblée générale sont appelés dividendes. Dans une société soumise à l'impôt sur le revenu, il n'y a pas à proprement parler de dividendes : le bénéfice est imposé chez les associés, en BIC pour une activité commerciale ou artisanale, en BNC pour une activité libérale, selon les parts détenues.
Dans une société à l'IS, les dividendes sont imposés deux fois. D'abord dans la société : distribués ou non, les bénéfices ne sont pas déductibles du résultat et supportent l'IS, à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfices pour une société dont le chiffre d'affaires hors taxes est inférieur à 10 millions € et dont le capital est détenu à 75 % par des personnes physiques, à 25 % au-delà et pour les autres sociétés. Ensuite chez l'associé, selon qu'il est une personne physique ou une société.
L'acompte de 12,8 % et sa dispense
Au versement, l'établissement payeur applique un prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % sur le montant brut. C'est un acompte d'impôt sur le revenu : l'imposition se règle avec la déclaration de revenus de l'année du versement, et un acompte supérieur à l'impôt est remboursé.
L'associé peut en être dispensé si le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 50 000 € pour une personne seule, 75 000 € pour un couple marié ou pacsé. La demande, accompagnée d'une attestation sur l'honneur, se fait auprès de l'établissement financier au plus tard le 30 novembre de l'année qui précède le paiement.
PFU ou barème progressif
L'associé personne physique choisit ensuite entre deux modes d'imposition. Au barème, les tranches applicables aux revenus de 2025 vont de 0 % jusqu'à 11 600 € à 45 % au-delà de 181 917 €. L'option est globale : elle vaut pour toutes les sommes de la catégorie des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values de cession de valeurs mobilières, intérêts des comptes courants d'associés compris.
| Mode | Ce que dit la fiche | Notre calcul pour 10 000 € de dividendes bruts |
|---|---|---|
| prélèvement forfaitaire unique | 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de charges sociales | 3 140 €, dont 1 280 € d'impôt et 1 860 € de charges sociales |
| barème progressif, sur option | case 2OP de la déclaration 2042, abattement de 40 % avant le barème | 6 000 € ajoutés aux autres revenus soumis au barème |
Associé société : exonération de 95 %
Quand l'associé est une société soumise à l'IS, les dividendes s'intègrent à ses bénéfices. Elle peut être exonérée sur 95 % de leur montant, seuls 5 % restant imposés, si elle détient au moins 5 % du capital de la société distributrice pendant au moins 2 ans, ou si elle est contrôlée par des organismes à but non lucratif et remplit une condition de détention sur 5 ans. Si la société associée est à l'impôt sur le revenu, les dividendes entrent dans son bénéfice, imposé chez ses propres associés.
Déclarer les dividendes
Dans une société à l'IS, la société ou l'établissement financier qui verse les dividendes déclare le versement en ligne sur le formulaire 2777-SD dans les 15 jours qui suivent le mois du versement. L'associé reporte les dividendes perçus en 2025 à la ligne 2DC « Revenus des actions et parts » de sa déclaration 2042 au printemps 2026 ; l'acompte déjà versé est prérempli à la ligne 2CK.
Dans une société à l'IR, la société et les associés ne déclarent pas de dividendes mais le bénéfice : la société déclare son résultat, au formulaire 2031 en BIC ou 2035 en BNC, au plus tard 15 jours après le 2e jour ouvré suivant le 1er mai, et chaque associé reporte sa part sur la déclaration 2042-C-PRO.
Écarts dans la fiche
La fiche écrit « Le PFNL étant égal au PFU » pour expliquer que l'acompte couvre l'imposition, alors qu'elle fixe le PFNL à 12,8 % et le PFU à 31,4 %, dont 12,8 % d'impôt sur le revenu. Dans la rubrique sur le PFU, elle demande à l'associé de déclarer « la rémunération qu'il perçoit au titre de son mandat » à la ligne des revenus des actions et parts, là où la rubrique sur le barème parle des « dividendes qu'il reçoit en 2025 ».
Pour une société associée à l'IS, la fiche place le régime réel simplifié entre 83 600 € et 286 000 € de chiffre d'affaires pour les prestations de services, puis le régime réel normal au-delà de 83 600 € et 286 000 € : notre lecture est qu'une société de services à 150 000 € entre, à la lettre, dans les deux. Pour la condition liée aux organismes à but non lucratif, elle exige au moins 2,5 % du capital « dont » 5 % des droits de vote. Nous publions ces écarts sans les trancher.
Ce que cela change pour un dirigeant de TPE
Notre calcul, pour une présidente de SASU à l'IS qui se verse 10 000 € de dividendes : 1 280 € d'acompte retenus au versement, puis 3 140 € d'imposition totale au PFU ; au barème, 6 000 € s'ajoutent à ses autres revenus, et le choix dépend de sa tranche. Si son revenu fiscal de référence est sous 50 000 €, elle peut demander avant le 30 novembre à ne pas subir l'acompte l'année suivante. Voir notre page sur la protection sociale du dirigeant, notre page sur la liquidation amiable et le boni et notre page sur la perte de la moitié du capital.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne traite ni le régime social des dirigeants, ni le boni de liquidation, ni les associés non résidents. Fiche vérifiée le 21 février 2026, lue le 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Quel est le taux du PFU sur les dividendes en 2026 ?
31,4 % selon la fiche vérifiée le 21 février 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de charges sociales.
Peut-on éviter l'acompte de 12,8 % ?
Oui si le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 50 000 € seul ou 75 000 € en couple, sur demande avant le 30 novembre.
Comment opter pour le barème ?
En cochant la case 2OP de la déclaration de revenus ; un abattement de 40 % s'applique, et l'option vaut pour tous les revenus de capitaux mobiliers.
Une société à l'IR verse-t-elle des dividendes ?
Pas au sens propre : le bénéfice est imposé chez les associés selon leurs parts, en BIC ou en BNC.
Qui déclare le versement des dividendes ?
La société ou l'établissement payeur, sur le formulaire 2777-SD, dans les 15 jours qui suivent le mois du versement.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Fiscalité des dividendes perçus par les associés (vérifiée le 21 février 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026