
QuestionRelu par Hugo Berton
Protection sociale du dirigeant : TNS ou assimilé salarié en 2026
Protection sociale du dirigeant de société : gérant majoritaire TNS ou président assimilé salarié, cotisations 2026, abattement de 26 %, indemnités journalières.
Par Hugo Berton · · 4 min de lecture · relu le 15 septembre 2026
En bref
La protection sociale du dirigeant dépend de son statut. Le gérant associé majoritaire de SARL, l'associé dirigeant d'EURL et l'associé de SNC sont travailleurs non salariés : ils paient eux-mêmes des cotisations calculées sur leur revenu, après un abattement de 26 % depuis avril 2026, et touchent au plus 65,84 € d'indemnité journalière. Les autres dirigeants, comme le président de SAS, sont assimilés salariés : la société prélève les cotisations sur leur rémunération et ils sont couverts en accident du travail. Fiche Service Public vérifiée le 25 juin 2026.
- 26 %abattement forfaitaire appliqué par l'Urssaf au revenu du dirigeant non salarié, à partir d'avril 2026
- 65,84 €indemnité journalière maladie maximale d'un dirigeant non salarié, pour un revenu moyen plafonné à 48 060 €
- 360nombre maximal d'indemnités journalières d'un dirigeant non salarié sur 3 ans
Protection sociale du dirigeant : quel statut ?
Selon la fiche Entreprendre Service Public « Protection sociale du dirigeant de société », vérifiée le 25 juin 2026, sont travailleurs non salariés le dirigeant associé majoritaire de SARL, le dirigeant associé d'EURL et l'associé de SNC ; les autres dirigeants sont assimilés salariés. La fiche ne vise pas les professionnels libéraux. Les deux statuts cotisent à la maladie-maternité, à la vieillesse, à l'invalidité-décès, aux allocations familiales, à la formation professionnelle, à la CSG et à la CRDS, mais pas de la même façon.
Dirigeant non salarié : des cotisations sur le revenu
Le dirigeant non salarié paie en 2026 des cotisations provisionnelles calculées sur son revenu 2025, déclaré en avril-juin 2026, puis régularisées quand le revenu 2026 est connu. À partir d'avril 2026, la base est le revenu brut social : chiffre d'affaires moins charges pour une société à l'impôt sur le revenu, rémunération et dividendes moins frais réels pour une société à l'impôt sur les sociétés, avec un abattement forfaitaire de 26 % appliqué par l'Urssaf. Les dividendes n'y entrent que pour la part qui dépasse 10 % du capital détenu. Les deux premières années, des forfaits s'appliquent.
Il paie chaque mois, le 5 ou le 20, ou chaque trimestre sur option demandée au plus tard le 1er décembre, et toujours par voie dématérialisée ; la contribution à la formation professionnelle, 120 €, est payée à l'échéance de novembre. Il ne cotise pas aux accidents du travail : il est couvert comme en maladie, sauf s'il souscrit une assurance volontaire.
| Cotisation | Forfait 2026 pour un début d'activité en 2026 | Après 2 ans d'activité |
|---|---|---|
| maladie-maternité | 96 | taux progressif selon le revenu, jusqu'à 9 % avec les indemnités journalières |
| retraite de base | 1 631 € | 17,87 % jusqu'à 48 060 €, 0,72 % au-delà |
| retraite complémentaire | 739 € | 8,1 % jusqu'à 48 060 €, 9,1 % jusqu'à 192 240 € |
| invalidité-décès | 119 € | 1,30 % jusqu'à 48 060 € |
| allocations familiales | non précisé par la fiche | 0 % sous 52 866 €, 3,10 % au-delà de 67 284 € |
| CSG et CRDS | 886 € | 9,70 % sur les revenus professionnels |
Dirigeant non salarié : les prestations
En maladie, après 1 an de cotisations, il perçoit une indemnité journalière égale à 1/730e de son revenu annuel moyen des 3 dernières années, plafonné à 48 060 €, soit 65,84 € au plus, après 3 jours de carence et dans la limite de 360 indemnités sur 3 ans ; l'arrêt de travail est envoyé à la CPAM dans les 48 heures. En maternité, il perçoit 65,84 € par jour et une allocation forfaitaire de 4 005 € en 2026 ; le congé paternité dure 25 jours, 32 en cas de naissances multiples. Depuis le 1er juillet 2026, le congé supplémentaire de naissance lui ouvre 1 à 2 mois indemnisés à 46,09 € puis 39,50 € bruts par jour. La pension d'invalidité suppose une capacité réduite d'au moins 2/3 et 12 mois d'assurance.
Dirigeant assimilé salarié : une protection proche du salarié
Le dirigeant assimilé salarié relève du régime général : la société calcule et verse chaque mois les cotisations sur sa rémunération brute, et il n'a rien à payer lui-même. En maladie, l'indemnité journalière vaut 50 % du salaire journalier de base, après 3 jours de carence et sous conditions d'heures travaillées ou de salaire cotisé. Il est couvert en accident du travail : 60 % du salaire journalier les 28 premiers jours, dans la limite de 240,49 €, puis 80 %, dans la limite de 320,66 €. En maternité ou en paternité, l'indemnité suit son revenu journalier dans la limite de 104,02 €. Sa demande de retraite se fait 4 à 5 mois avant le départ, contre 6 mois pour le dirigeant non salarié.
Trois écarts dans la fiche
La fiche consacrée au dirigeant de société renvoie plusieurs fois à l'entrepreneur individuel : le montant des cotisations de retraite « varie en fonction du montant des revenus de l'entrepreneur individuel », et la pension d'invalidité, y compris pour le dirigeant assimilé salarié, se calcule sur le revenu annuel moyen « des 10 meilleures années de l'entrepreneur individuel ».
Pour le congé paternité du dirigeant non salarié, l'indemnité de 65,84 € est dite « valable pour les indemnités journalières dont le versement a débuté en 2025 », quand le même montant vaut pour 2026 en maternité. Plusieurs montants sont donnés sans unité, comme le plafond de 41,95 de l'indemnité maladie de l'assimilé salarié ou l'allocation de 400,50 en 2026. Notre calcul sur la contribution à la formation professionnelle : 0,25 % de 48 060 € font 120,15 €, arrondis à 120 € par la fiche. Nous publions ces écarts sans les trancher.
Ce que cela change pour une TPE
Notre lecture, pour deux associés qui hésitent entre une SARL et une SAS : gérant majoritaire de SARL, le dirigeant paie ses cotisations lui-même, sur un revenu abattu de 26 %, et son indemnité journalière maladie plafonne à 65,84 € ; président de SAS, ses cotisations sont prélevées sur sa rémunération par la société et il est couvert en accident du travail, mais sans rémunération il ne cotise pas, comme le rappelle la fiche sur la mise en sommeil. Voir notre page sur la mise en sommeil d'une société et notre page sur l'assurance chômage des indépendants.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne détaille ni les taux de cotisation de l'assimilé salarié, ni la retraite du dirigeant, ni la protection du professionnel libéral, qui a sa propre fiche. Fiches vérifiées le 21 novembre 2025 et le 25 juin 2026, lues le 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Le gérant de SARL est-il TNS ou assimilé salarié ?
Travailleur non salarié s'il est associé majoritaire ; les autres dirigeants, comme le président de SAS, sont assimilés salariés.
Quel abattement sur le revenu du dirigeant non salarié en 2026 ?
Un abattement forfaitaire de 26 %, appliqué par l'Urssaf à partir d'avril 2026.
Combien touche un dirigeant TNS en arrêt maladie ?
1/730e de son revenu annuel moyen des 3 dernières années, au plus 65,84 € par jour, après 3 jours de carence et 1 an de cotisations.
Le président de SAS est-il couvert en accident du travail ?
Oui, comme assimilé salarié : 60 % du salaire journalier les 28 premiers jours, puis 80 %.
Quand payer ses cotisations de dirigeant non salarié ?
Chaque mois le 5 ou le 20, ou chaque trimestre sur option demandée au plus tard le 1er décembre, par voie dématérialisée.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Protection sociale du dirigeant de société (vérifiée le 25 juin 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026
- Entreprendre Service Public — Mise en sommeil (ou cessation temporaire d'activité) d'une société (vérifiée le 21 novembre 2025)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026