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Jaquette de la page « Droit de préférence du locataire commercial : vente du local, délais, exceptions » : Droit de préférence

QuestionRelu par Hugo Berton

Droit de préférence du locataire commercial : vente du local, délais, exceptions

Droit de préférence du locataire commercial : offre de vente, 1 mois pour répondre, 2 ou 4 mois pour acheter, exceptions familiales, arrêt du 5 mars 2026.

Par Hugo Berton · · 3 min de lecture · relu le 15 septembre 2026

En bref

Le propriétaire d'un local commercial ou artisanal qui veut le vendre doit d'abord le proposer à son locataire, avec le prix et les conditions : c'est le droit de préférence du locataire, que le bail ne peut pas écarter. Le locataire a 1 mois pour accepter, puis 2 mois pour signer, 4 s'il emprunte ; son silence vaut refus. Le droit ne joue pas pour une vente au conjoint, à un ascendant ou à un descendant, mais s'applique à une SCI des enfants selon la Cour de cassation. Fiche Service Public vérifiée le 28 mai 2026.

  • 1 moisdélai du locataire pour accepter l'offre de vente, son silence valant refus
  • 4 moisdélai pour signer la vente quand le locataire annonce recourir à un prêt, 2 mois sinon
  • 2 ansdélai du locataire non informé pour demander l'annulation de la vente, à compter du moment où il la connaît

Droit de préférence du locataire : les locaux concernés

D'après la fiche Entreprendre Service Public vérifiée le 28 mai 2026, le locataire d'un local commercial ou artisanal, ou mixte commercial et habitation, est prioritaire pour le racheter, et le bail ne peut pas écarter ce droit. Les bureaux ne sont concernés que s'ils servent une activité commerciale ; un emplacement de parking et un local industriel en sont exclus. La fiche précise qu'à compter du 28 mai 2026 le local commercial se définit par une activité principale de commerce de détail ou de gros ou de services commerciaux, réserves et emplacements voisins compris, bureaux et entrepôts exclus.

Écart relevé tel quel : la fiche, vérifiée le 28 mai 2026, présente encore les bureaux loués pour une activité commerciale comme ouvrant la priorité, puis annonce au futur que la nouvelle définition, applicable à compter de cette même date, les exclut. Son glossaire appelle aussi ce droit droit de préemption, terme qui désigne ailleurs le droit de la commune.

L'offre de vente et la réponse du locataire

Le propriétaire informe le locataire par lettre recommandée avec avis de réception ou remise en main propre contre récépissé ou signature. Cette lettre vaut offre de vente et indique, à peine de nullité, le prix et les conditions, honoraires d'agence exclus, en reproduisant le texte légal. Le locataire a 1 mois pour répondre, sans forme imposée ; en acceptant, il ne négocie pas et dispose de 2 mois pour signer, 4 mois s'il annonce un prêt, faute de quoi le propriétaire est libéré. Son refus ou son silence laisse le propriétaire vendre à un tiers ; mais s'il baisse le prix ou améliore les conditions, une nouvelle offre, envoyée par le notaire à défaut, est due au locataire et vaut 1 mois. Vendre sans offre expose à une action en annulation pendant 2 ans à compter de la connaissance de la vente.

Écart relevé tel quel : la fiche présente le texte à reproduire comme l'article L145-46 du code de commerce, et renvoie ailleurs à l'article L145-46-1, que désigne aussi l'actualité Service Public du 5 juin 2026.

ÉtapeDélai selon la fiche
réponse du locataire à l'offre1 mois, silence valant refus
signature après acceptation2 mois à compter de l'envoi de la réponse
signature avec recours à un prêt4 mois
nouvelle offre après baisse du prixvalable 1 mois
action du locataire non informé2 ans à compter de la connaissance de la vente
Entreprendre Service Public, « En cas de vente d'un local commercial, le locataire est-il prioritaire pour le racheter ? », fiche vérifiée le 28 mai 2026, lue le 15 septembre 2026.

Les ventes exclues et l'arrêt du 5 mars 2026

Le droit de préférence ne joue pas pour la vente unique de plusieurs locaux d'un ensemble commercial ou de plusieurs locaux loués à des locataires différents, la vente à un copropriétaire d'un ensemble commercial, la vente globale d'un immeuble, même avec un seul local commercial, la vente au conjoint, à un ascendant ou à un descendant du bailleur ou de son conjoint, ni la vente autorisée par le juge-commissaire en liquidation judiciaire.

Selon l'actualité Service Public publiée le 5 juin 2026, la Cour de cassation a jugé le 5 mars 2026 qu'une promesse de vente au profit d'une société civile immobilière appartenant aux enfants du propriétaire n'entre pas dans cette exception : la SCI a sa propre personnalité juridique, et l'exception vise les descendants personnes physiques. Le locataire, qui avait accepté la seconde offre notifiée par le notaire, garde son droit de préférence.

Ce que cela change pour la TPE

Notre lecture, pour un fleuriste dont le propriétaire annonce la vente des murs : répondre dans le mois, préciser dans la réponse le recours à un prêt pour obtenir 4 mois, et surveiller une éventuelle baisse de prix, qui doit lui être proposée à nouveau. Voir notre page sur le contrat de bail commercial, notre page sur le droit de préemption de la commune et notre page sur la résiliation du bail commercial.

Ce que cette page ne dit pas

Elle ne traite ni du financement de l'achat, ni de la vente des murs d'un local professionnel, ni du détail de la procédure judiciaire. Fiche vérifiée le 28 mai 2026 et actualité publiée le 5 juin 2026, lues le 15 septembre 2026.

Questions fréquentes

Le locataire commercial est-il prioritaire pour racheter son local ?

Oui, le locataire d'un local commercial ou artisanal bénéficie d'un droit de préférence que le bail ne peut pas écarter.

Combien de temps le locataire a-t-il pour répondre à l'offre de vente ?

1 mois à compter de la réception de l'offre ; sans réponse dans ce délai, l'offre est considérée comme refusée.

Quel délai pour acheter après avoir accepté ?

2 mois pour signer la vente, ou 4 mois si le locataire annonce dans sa réponse qu'il recourt à un prêt.

Dans quels cas le droit de préférence ne s'applique-t-il pas ?

Vente de plusieurs locaux en bloc, vente globale de l'immeuble, vente à un copropriétaire d'ensemble commercial, au conjoint, à un ascendant ou descendant, ou en liquidation judiciaire.

Une vente à la SCI des enfants du propriétaire écarte-t-elle ce droit ?

Non selon l'arrêt de la Cour de cassation du 5 mars 2026 : la SCI est une personne morale, l'exception vise les descendants personnes physiques.

Sources consultées

  1. Entreprendre Service Public — En cas de vente d'un local commercial, le locataire est-il prioritaire pour le racheter ? (vérifiée le 28 mai 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026
  2. Entreprendre Service Public — Le droit de préférence du locataire est-il écarté en cas de vente aux enfants du propriétaire ? (publiée le 5 juin 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026

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