
QuestionRelu par Hugo Berton
Dissolution d'une société : causes, liquidation amiable, radiation
Dissolution d'une société : terme, objet, justes motifs, associé unique, capitaux propres, décision des associés, puis liquidation amiable et radiation en 6 étapes.
Par Hugo Berton · · 4 min de lecture · relu le 15 septembre 2026
En bref
La dissolution d'une société met fin à sa vie et ouvre obligatoirement une liquidation. Elle est automatique à l'arrivée du terme, 99 ans au plus, à la réalisation ou l'extinction de l'objet social ou à une cause prévue par les statuts ; judiciaire pour justes motifs, associé unique non régularisé, liquidation judiciaire ou condamnation pénale ; volontaire quand les associés la décident. Un liquidateur amiable vend les biens, paie les créanciers, clôture la liquidation et demande la radiation. Fiche Service Public vérifiée le 24 octobre 2025.
- 99 ansdurée de vie maximale d'une société fixée dans les statuts
- 1 andélai laissé à l'associé unique pour régulariser avant qu'un intéressé demande la dissolution au tribunal
- 4 moisdélai pour convoquer les associés après l'approbation de comptes montrant des capitaux propres sous la moitié du capital
Dissolution d'une société : les causes automatiques
Selon la fiche Entreprendre Service Public « Causes de dissolution d'une société », vérifiée le 24 octobre 2025, la dissolution peut être automatique, décidée par le juge ou voulue par les associés, et elle est « obligatoirement suivie d’une phase de liquidation ».
Elle intervient de plein droit à l'arrivée du terme fixé par les statuts, 99 ans au maximum. Pour continuer, les associés décident la prolongation en assemblée 1 an au moins avant le terme ; à défaut, tout associé peut demander au président du tribunal de constater la volonté de proroger, et le tribunal les autorise alors à se réunir dans les 3 mois. La réalisation de l'objet social, comme la fin des travaux pour lesquels la société avait été créée, ou son extinction, comme la disparition ou la vente du fonds exploité, dissout aussi la société, tout comme un événement prévu par les statuts, par exemple le décès d'un associé.
Les causes décidées par le juge
Tout associé, quel que soit le nombre de ses parts ou actions, peut demander la dissolution pour justes motifs quand la société est paralysée : associé qui travaille pour un concurrent ou prélève des fonds sans justification, mésentente qui empêche toute décision collective. Le juge apprécie au cas par cas, au tribunal de commerce pour une société commerciale, au tribunal judiciaire pour une société civile, et l'associé à l'origine de la mésentente risque de voir son motif écarté.
La réunion de toutes les parts en une seule main n'entraîne pas de dissolution automatique : l'associé unique a 1 an pour régulariser, puis tout intéressé peut saisir le tribunal, qui peut encore accorder jusqu'à 6 mois ; la SARL et la SAS peuvent aussi continuer en EURL ou en SASU. Le jugement de clôture d'une liquidation judiciaire dissout la société, et une condamnation pour escroquerie, abus de confiance ou abus de faiblesse peut entraîner sa dissolution.
Quand les pertes font passer les capitaux propres sous la moitié du capital social, le dirigeant convoque les associés dans les 4 mois de l'approbation des comptes pour décider de continuer ou de dissoudre, décision publiée et déclarée. S'ils continuent, ils ont 2 ans, prolongeables de 2 ans, pour reconstituer les capitaux propres ; faute de convocation ou de reconstitution, tout intéressé peut demander la dissolution au tribunal de commerce.
Dissolution volontaire et liquidation amiable en 6 étapes
Les associés peuvent aussi dissoudre la société à tout moment, sans attendre le terme. Dès la dissolution, la société est en liquidation, mais pour les tiers la dissolution ne produit ses effets qu'après la publicité au RCS et au RNE. Le liquidateur amiable, qui peut être le dirigeant, un associé ou une personne extérieure selon les statuts, vend les biens, paie les créanciers, répartit le solde entre associés selon leurs apports et établit, dans les 3 mois de la clôture de l'exercice, les comptes annuels et un rapport sur la liquidation.
| Étape | Délai | Pièces ou contenu |
|---|---|---|
| 1. assemblée de dissolution et nomination du liquidateur | dès la dissolution | procès-verbal |
| 2. annonce légale de dissolution | 1 mois | support habilité du département du siège |
| 3. dossier de dissolution au guichet | 1 mois à compter de la décision | procès-verbal, attestation de parution, déclaration de non-condamnation et de filiation, carte d'identité du liquidateur |
| 4. assemblée de clôture | fin de liquidation | comptes définitifs, quitus du liquidateur, clôture |
| 5. annonce de clôture de liquidation | 1 mois | support habilité du département du siège |
| 6. demande de radiation | 1 mois après la publication de la clôture | comptes définitifs, acte de clôture, attestation de parution, certificat fiscal, attestation de vigilance ou d'entreprise sans salarié |
Coût des annonces et deux écarts
Pour les annonces, la fiche tarifaire vérifiée le 1er janvier 2026 fixe en métropole un forfait 2026 de 153 € HT pour la nomination du liquidateur amiable et de 111 € HT pour la clôture de la liquidation amiable. L'attestation d'entreprise sans salarié est délivrée par l'Urssaf sous 15 jours, par courrier au siège.
Deux points ne concordent pas. La fiche sur la dissolution écrit qu'une société « doit toujours avoir au moins 2 associés », puis précise que la SARL et la SAS peuvent fonctionner avec un seul associé. Et la procédure des capitaux propres inférieurs à la moitié du capital vise, dans ses références, la SARL, la SA et la SAS, alors que le forfait de 83 € HT de la fiche tarifaire ne mentionne que la « Non-dissolution d'une SARL ou d'une SA ». Nous publions ces écarts sans les trancher.
Ce que cela change pour une TPE
Notre lecture, pour une SARL de deux associés qui décident d'arrêter : assemblée de dissolution qui nomme l'un d'eux liquidateur, annonce légale et dossier au guichet dans le mois, vente des actifs et paiement des créanciers, assemblée de clôture, annonce de clôture puis demande de radiation dans le mois suivant sa publication. Notre calcul pour les deux annonces à forfait en métropole : 153 € + 111 € = 264 € HT, hors frais de greffe. Si l'activité doit reprendre, la mise en sommeil permet de suspendre jusqu'à 2 ans sans dissolution, voir notre page sur la mise en sommeil d'une société ; sur les tarifs, notre page sur l'annonce légale.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne traite ni de la dissolution simplifiée par transmission universelle du patrimoine, ni de la fiscalité de la liquidation, ni de la liquidation judiciaire elle-même. Fiches vérifiées le 24 octobre et le 21 novembre 2025 et le 1er janvier 2026, lues le 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Quelle est la durée maximale d'une société ?
99 ans ; pour continuer au-delà du terme, les associés décident la prolongation en assemblée au moins 1 an avant.
Un associé peut-il demander seul la dissolution de la société ?
Oui, pour justes motifs, quel que soit le nombre de ses parts, si le fonctionnement est paralysé ; le juge apprécie au cas par cas.
Que se passe-t-il si un associé rachète toutes les parts ?
Pas de dissolution automatique : il a 1 an pour régulariser, et une SARL ou une SAS peut continuer en EURL ou en SASU.
Qui peut être liquidateur amiable ?
Le dirigeant, un associé ou une personne extérieure à la société, selon les statuts.
Quels documents pour radier une société dissoute ?
Décision sur les comptes définitifs, acte de clôture certifié, attestation de parution, certificat fiscal et attestation de vigilance ou d'entreprise sans salarié.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Causes de dissolution d'une société (vérifiée le 24 octobre 2025)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026
- Entreprendre Service Public — Comment publier une annonce légale ? (vérifiée le 1er janvier 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026
- Entreprendre Service Public — Mise en sommeil (ou cessation temporaire d'activité) d'une société (vérifiée le 21 novembre 2025)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026