
QuestionRelu par Hugo Berton
Compte courant d'associé : intérêts, remboursement, fiscalité
Compte courant d'associé : qui peut en ouvrir un, interdiction du solde débiteur, taux maximal d'intérêts déductibles, remboursement, blocage et fiscalité des intérêts.
Par Hugo Berton · · 4 min de lecture · relu le 21 septembre 2026
En bref
Un compte courant d'associé est une avance de trésorerie consentie à la société par un associé, un dirigeant ou un salarié, analysée comme un prêt qui donne la qualité de créancier social. Elle peut être rémunérée par des intérêts, déductibles pour la société dans la limite d'un taux de référence publié par période de clôture. Le remboursement suit les statuts ou la convention. Fiche vérifiée le 3 juillet 2026.
- 4,33 %taux maximal d'intérêts déductibles, exercice clos fin septembre 2026
- 5 ansdélai dont dispose la société pour rembourser après la demande
- 2 ansdurée maximale des délais de paiement que la société peut réclamer
Compte courant d'associé : un prêt, pas un apport
Selon la fiche Entreprendre Service Public sur le fonctionnement du compte courant d'associé, vérifiée le 3 juillet 2026, la société qui a besoin de trésorerie peut augmenter son capital, emprunter auprès d'un établissement de crédit ou organiser des avances en compte courant. L'associé ou le dirigeant laisse alors une somme à disposition, soit en versant des fonds, soit en renonçant temporairement à percevoir certaines sommes. L'opération s'analyse en un prêt et donne au prêteur la qualité de créancier social.
Le compte peut être alimenté par la rémunération du dirigeant, par des dividendes ou des remboursements de frais non perçus, ou par des sommes déposées volontairement. Les avances sont enregistrées au passif du bilan. Y ont accès les associés et actionnaires personnes physiques quel que soit leur nombre de parts, les dirigeants, et certaines sociétés commerciales dont les comptes sont certifiés par un commissaire aux comptes. La fiche ajoute qu'il n'y a pas de compte courant d'associé dans une entreprise individuelle.
Solde débiteur, intérêts et taux de référence
Un compte courant débiteur équivaut à un découvert : c'est l'associé qui doit de l'argent à la société. C'est interdit aux dirigeants et associés personnes physiques d'une SARL comme aux administrateurs et directeurs généraux d'une SA et d'une SAS ; une personne morale le peut, pratique courante dans les groupes, et les associés personnes physiques de SCI et de Scop y échappent aussi.
La rémunération est facultative pour une personne physique, libre de renoncer aux intérêts. Pour une personne morale en revanche, avancer sans contrepartie peut être qualifié d'acte anormal de gestion par l'administration fiscale. Les intérêts versés sont des charges déductibles, mais la déduction est plafonnée par un taux de référence qui varie selon la date de clôture : 4,55 % pour un exercice clos entre le 31 décembre 2025 et le 30 janvier 2026, 4,37 % entre le 30 avril et le 30 mai 2026, 4,33 % à partir du 30 juin 2026. Au-delà, la fraction excédentaire n'est pas déductible, compte par compte, sans compensation possible entre deux comptes courants.
| Situation | Ce que la fiche prévoit |
|---|---|
| titulaires possibles | associés et dirigeants personnes physiques, sociétés aux comptes certifiés |
| entreprise individuelle | pas de compte courant d'associé |
| solde débiteur | interdit aux personnes physiques dirigeantes de SARL, SA et SAS |
| taux maximal déductible, clôture fin janvier 2026 | 4,55 % |
| taux maximal déductible, clôture fin septembre 2026 | 4,33 % |
| remboursement demandé par l'associé | délai de 5 ans à compter de la demande |
| délais de paiement réclamés par la société | 2 ans au plus |
| procédure collective ouverte | remboursement interdit, créance à déclarer |
Se faire rembourser, bloquer, déclarer
Les conditions de remboursement figurent en principe dans les statuts ou la convention de compte courant. À défaut, la créance est remboursable à tout moment, la société disposant d'un délai de cinq ans à compter de la demande. Elle ne peut pas refuser le remboursement, même en difficulté financière, ni le limiter à ce que sa trésorerie supporte, mais elle peut réclamer des délais de paiement plafonnés à deux ans. L'associé, lui, peut renoncer à son droit au remboursement.
Le blocage est l'autre voie : décidé à l'unanimité de l'assemblée générale ou par une convention signée entre la société et l'associé, il dispense la société de rembourser et transforme les fonds en capitaux permanents, souvent en garantie d'un crédit bancaire. Enfin, l'avance étant un prêt, l'entreprise dépose chaque année une déclaration de contrat de prêt, formulaire cerfa 10142, au plus tard à la date de dépôt de sa déclaration de résultat. Après l'ouverture d'une procédure collective, le remboursement devient impossible et l'associé déclare sa créance, remboursé après les créanciers privilégiés.
Écarts dans la fiche
Le remboursement est décrit par trois durées que la fiche n'articule pas. La créance est « remboursable à tout moment », puis « la société dispose d'un délai de 5 ans à compter de la demande pour rembourser la créance », et enfin « la société peut réclamer des délais de paiement (limités à 2 ans) pour rembourser le compte courant », le tout après avoir posé qu'elle ne peut pas refuser.
La fiscalité de l'associé personne morale ayant opté pour l'impôt sur le revenu est enfin décrite par une phrase où les intérêts sont « imposés au titre del'impôt sur le revenus (IR)dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ». Nous publions ces écarts sans les trancher.
Ce que cela change pour une petite société
Notre lecture, pour un dirigeant qui avance sa trésorerie personnelle : l'avance est un prêt, et sans convention écrite c'est le régime par défaut qui s'applique, remboursable à tout moment d'un côté, cinq ans de délai de l'autre. Notre calcul, sur une avance de 20 000 € rémunérée au taux de référence d'un exercice clos fin septembre 2026, soit 4,33 % : les intérêts annuels approchent 866 €, déductibles pour la société si le capital est intégralement libéré, et imposables chez l'associé personne physique comme revenus de capitaux mobiliers. Notre lecture encore : un taux fixé au-dessus du taux de référence ne rend pas l'excédent illégal, il le rend non déductible, compte par compte. Voir notre page sur la rémunération du dirigeant de société, notre page sur la fiscalité des dividendes et notre page sur le dépôt du capital social.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne donne ni le modèle de convention de compte courant, ni le traitement de l'abandon de créance, ni les règles propres aux prêts intergroupe, ni le détail du calcul du taux de référence, ni la table complète des taux par période de clôture. Fiche vérifiée le 3 juillet 2026, lue le 18 septembre 2026.
Questions fréquentes
Qui peut ouvrir un compte courant d'associé ?
Les associés et actionnaires personnes physiques quel que soit leur nombre de parts, les dirigeants, et certaines sociétés commerciales dont les comptes sont certifiés.
Le compte peut-il être débiteur ?
Non pour les dirigeants et associés personnes physiques de SARL, SA et SAS ; oui pour une personne morale, et dans les SCI et les Scop.
Les intérêts sont-ils obligatoires ?
Non pour un associé personne physique, libre d'y renoncer ; pour une personne morale, l'absence de contrepartie peut être qualifiée d'acte anormal de gestion.
Jusqu'à quel taux les intérêts sont-ils déductibles ?
Jusqu'au taux de référence de la période de clôture : 4,55 % fin janvier 2026, 4,37 % fin avril 2026, 4,33 % à partir de fin juin 2026.
Quand la société doit-elle rembourser ?
Selon les statuts ou la convention ; à défaut, la créance est remboursable à tout moment, la société disposant de cinq ans à compter de la demande.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Compte courant d'associé : fonctionnement (vérifiée le 3 juillet 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026