
QuestionRelu par Hugo Berton
Acheter un fichier de prospection : les règles CNIL pour les partenaires
Acheter un fichier de prospection : information et opposition pour le courrier postal, consentement pour l'email et le SMS, d'après la CNIL (juin 2026).
Par Hugo Berton · · 3 min de lecture · relu le 15 septembre 2026
En bref
Acheter un fichier de prospection suppose que les personnes aient été prévenues à la collecte. Pour un envoi postal, l'organisme qui transmet les adresses peut s'appuyer sur son intérêt légitime, s'il a informé les personnes et leur permet de s'opposer simplement et gratuitement. Pour l'email, le SMS ou l'automate d'appel, il lui faut leur consentement à la transmission, et le partenaire doit disposer d'un consentement à sa propre prospection. Ce consentement ne passe pas de partenaire en partenaire. Page de la CNIL du 10 juin 2026, consacrée aux particuliers.
- 1 moisdélai maximal dans lequel le partenaire qui reçoit les données doit informer la personne prospectée
- 11 août 2026date à partir de laquelle le démarchage téléphonique des consommateurs exige un consentement préalable explicite, rappelée par la CNIL
Fichier de prospection : la transmission à des partenaires
La page de la CNIL « La prospection vers les particuliers (B to C) : quelles règles pour transmettre des données à des partenaires ? », datée du 10 juin 2026, vise la transmission « payante ou non » de données de clients ou de prospects à des partenaires qui veulent les utiliser pour leur prospection : c'est le cas d'un fichier loué, acheté ou échangé dans un accord commercial. Les règles dépendent du canal que le partenaire utilisera ensuite. Vendeur et acheteur gardent chacun leurs obligations : exercice des droits, minimisation, durée de conservation, sécurité et preuve d'un consentement valide.
| Canal utilisé par le partenaire | Ce qui fonde la transmission | Ce que la personne doit pouvoir faire |
|---|---|---|
| courrier postal | intérêt légitime de l'organisme qui transmet, après information | s'opposer simplement et gratuitement, à la collecte et à tout moment |
| courriel, SMS, automate d'appel | consentement recueilli par l'organisme qui transmet | consentir à la transmission et, selon le montage, à la prospection des partenaires |
| téléphone vers des consommateurs | règles modifiées par la loi du 30 juin 2025 | depuis le 11 août 2026, avoir donné un consentement préalable explicite, sauf contrat en cours |
Courrier postal : informer, puis laisser s'opposer
Avant la transmission, l'organisme informe les personnes, par exemple sur le formulaire de collecte, de la finalité et des catégories de destinataires : secteurs concernés, type de sollicitation, nombre approximatif de partenaires. La CNIL recommande de publier une liste exhaustive et à jour des partenaires, avec leur identité et un lien vers leur politique de protection des données. Elle propose une case du type : « Je m’oppose à ce que mes coordonnées postales soient transmises aux partenaires » de la société, à des fins de prospection par courrier postal.
Email et SMS : le consentement d'abord
Pour une prospection qui exige le consentement, l'organisme qui transmet les données « doit lui-même obtenir le consentement des personnes pour cette transmission ». La CNIL recommande qu'il recueille, dès la collecte, le consentement à la prospection des partenaires eux-mêmes : ils pourront alors démarcher directement. Il faut une liste exhaustive et à jour des partenaires, visible sur le formulaire ou accessible par un lien avec leurs politiques de confidentialité, et une seule case décochée par défaut peut couvrir transmission et prospection.
Quand le partenaire doit recueillir le consentement lui-même
Si l'organisme n'a recueilli que le consentement à la transmission, le partenaire doit contacter les personnes pour obtenir leur accord avant de les démarcher. Ce premier contact peut reposer sur son intérêt légitime, à deux conditions : les personnes ont reçu une information suffisante au moment de la transmission, et le nombre de sollicitations reste limité pour ne pas devenir une « nuisance importante ». Le message qui demande le consentement ne doit pas faire la promotion de l'image, des biens ou des services du partenaire.
Pas de consentement de partenaire en partenaire
Le consentement recueilli pour le compte des partenaires « n’est valable que pour ces derniers ». Un acheteur qui revend ou prête le fichier à ses propres partenaires doit recueillir un nouveau consentement. Dans tous les cas, le partenaire qui reçoit les données informe la personne au premier contact et au plus tard dans un délai d'un mois, en nommant la société à l'origine de la collecte et en rappelant son droit de s'opposer ou de retirer son consentement.
Sur le téléphone, la page lue le 15 septembre 2026 annonce toujours une mise à jour après la publication des textes d'application de la loi du 30 juin 2025.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne traite que de la prospection vers les particuliers ; elle ne vérifie aucun vendeur de fichiers et ne donne aucun prix. Les règles entre professionnels sont sur notre page sur la prospection par e-mail, le téléphone sur notre page sur le démarchage téléphonique, et la différence entre prospection et message transactionnel sur notre page dédiée. Page lue le 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Peut-on acheter un fichier d'adresses email de particuliers ?
Seulement si le vendeur a obtenu le consentement des personnes à la transmission de leurs données, et si l'acheteur dispose d'un consentement à sa propre prospection, recueilli par le vendeur pour son compte ou par lui-même, selon la CNIL (10 juin 2026).
Et un fichier d'adresses postales ?
La transmission peut reposer sur l'intérêt légitime du vendeur, à condition que les personnes aient été informées et puissent s'opposer simplement et gratuitement, à la collecte et à tout moment.
L'acheteur peut-il revendre le fichier à ses partenaires ?
Pas avec le même consentement : il n'est valable que pour les partenaires désignés. Une nouvelle transmission exige un nouveau consentement.
Que doit dire l'acheteur à la personne prospectée ?
Au premier contact et au plus tard sous un mois, il l'informe du traitement, du nom de la société qui a transmis ses données et de son droit de s'opposer ou de retirer son consentement.
Une seule case peut-elle servir à la transmission et à la prospection des partenaires ?
Oui, selon la CNIL, une seule et même case à cocher, décochée par défaut, avec la liste des partenaires accessible.
Sources consultées
- CNIL — La prospection vers les particuliers (B to C) : quelles règles pour transmettre des données à des partenaires ? (page du 10 juin 2026)cnil.fr · consulté le 14 septembre 2026