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Jaquette de la page « Consentement aux cookies : ce qui l'oblige, ce qui en dispense, ce qui le prouve » : Consentement aux cookies

QuestionRelu par Hugo Berton

Consentement aux cookies : ce qui l'oblige, ce qui en dispense, ce qui le prouve

Consentement aux cookies : ce que le mot recouvre au-delà du cookie HTTP, les sept familles de traceurs dispensées, et les quatre façons de prouver le consentement.

Par Hugo Berton · · 4 min de lecture · relu le 14 septembre 2026

En bref

Le consentement aux cookies ne concerne pas que les cookies : la CNIL vise aussi l'empreinte du terminal, les pixels invisibles et tout identifiant généré par un logiciel. Il suppose une action positive, préalable au dépôt, avec un refus aussi simple que l'acceptation ; accepter des conditions générales ne vaut pas consentement. Sept familles de traceurs en sont dispensées, dont le panier d'achat, l'authentification et la mémoire du choix lui-même.

  • 7 famillestraceurs que la CNIL cite comme non soumis au consentement, dont la mesure d'audience sous conditions
  • 17 septembre 2020date des lignes directrices de la CNIL, complétées par une recommandation sur les modalités pratiques de recueil du consentement

Consentement aux cookies : ce que le mot recouvre

La page CNIL « Cookies et traceurs : que dit la loi ? », publiée le 29 septembre 2020 et lue le 14 septembre 2026, commence par élargir le sujet. Sous le terme de traceur, elle range les cookies HTTP, les cookies flash, les pixels invisibles, tout identifiant généré par un logiciel ou un système d'exploitation, et « le résultat du calcul d'une empreinte unique du terminal ».

Le support ne limite rien non plus : ces traceurs peuvent être déposés ou lus « lors de la consultation d'un site web, d'une application mobile », ou encore de l'installation ou de l'utilisation d'un logiciel, « quel que soit le type de terminal utilisé : ordinateur, smartphone, tablette numérique ou console de jeux vidéo connectée à internet ». Une application mobile qui n'utilise aucun cookie peut donc être pleinement concernée.

Le cadre juridique, en deux articles

La CNIL renvoie à l'article 5(3) de la directive 2002/58/CE modifiée en 2009, qui pose le principe « d'un consentement préalable de l'utilisateur avant le stockage d'informations sur son terminal ou l'accès à des informations déjà stockées sur celui-ci », « sauf si ces actions sont strictement nécessaires à la fourniture d'un service de communication en ligne expressément demandé par l'utilisateur ou ont pour finalité exclusive de permettre ou faciliter une communication par voie électronique. »

Côté français : « L'article 82 de la loi Informatique et Libertés transpose ces dispositions en droit français. » Et le consentement à recueillir n'est pas un consentement au rabais : il renvoie aux définitions du RGPD, donc « Il doit donc être libre, spécifique, éclairé, univoque et l'utilisateur doit être en mesure de le retirer, à tout moment, avec la même simplicité qu'il l'a accordé. »

Pour mémoire, « la CNIL a adopté le 17 septembre 2020 des lignes directrices, complétées par une recommandation visant notamment à proposer des exemples de modalités pratiques de recueil du consentement. »

Ce qui exige un consentement, ce qui en est dispensé

La ligne de partage ne tient pas au nom du fichier mais à sa finalité. La CNIL donne les deux listes.

Consentement requisConsentement non requis
« les cookies liés aux opérations relatives à la publicité personnalisée »« les traceurs conservant le choix exprimé par les utilisateurs sur le dépôt de traceurs »
« les cookies des réseaux sociaux, notamment générés par leurs boutons de partage »« les traceurs destinés à l'authentification auprès d'un service, y compris ceux visant à assurer la sécurité du mécanisme d'authentification »
tout traceur qui n'est ni strictement nécessaire au service demandé, ni destiné exclusivement à permettre une communication« les traceurs destinés à garder en mémoire le contenu d'un panier d'achat sur un site marchand »
« les traceurs de personnalisation de l'interface utilisateur (par exemple, pour le choix de la langue ou de la présentation d'un service), lorsqu'une telle personnalisation constitue un élément intrinsèque et attendu du service »
« les traceurs permettant l'équilibrage de la charge des équipements concourant à un service de communication »
« les traceurs permettant aux sites payants de limiter l'accès gratuit à un échantillon de contenu demandé par les utilisateurs (quantité prédéfinie et/ou sur une période limitée) »
« certains traceurs de mesure d'audience dès lors qu'ils respectent certaines conditions »
CNIL, « Cookies et traceurs : que dit la loi ? », page publiée le 29 septembre 2020, lue le 14 septembre 2026.

Qui doit recueillir ce consentement

La réponse surprend les petites structures qui délèguent leur site : l'obligation vise plusieurs acteurs à la fois. Elle s'impose notamment « aux éditeurs de sites web et d'applications mobiles », « aux régies publicitaires » et « aux réseaux sociaux qui fournissent des modules de partage sur les réseaux sociaux ».

Et ces acteurs ne se partagent pas la responsabilité en cascade : « Ces derniers sont réputés être responsables conjoints du traitement dans la mesure où ils déterminent conjointement les finalités et les moyens des opérations de lecture et écriture sur l'équipement terminal des utilisateurs. » La CNIL ajoute que l'éditeur, « du fait d'un contact direct avec l'utilisateur », est souvent le mieux placé pour informer et recueillir. Autrement dit : c'est votre bandeau, même si le traceur est celui d'un tiers.

Les quatre règles du recueil, et l'erreur la plus fréquente

Première règle, l'antériorité : « Le consentement doit être préalable au dépôt et/ou à la lecture de cookies », et « Tant que la personne n'a pas donné son consentement, les cookies ne peuvent pas être déposés ou lus sur son terminal. »

Deuxième règle, la symétrie : « L'utilisateur doit pouvoir accepter ou refuser le dépôt et/ou la lecture des cookies avec le même degré de simplicité. » Troisième, la réversibilité : « Il doit être aussi simple de retirer son consentement que de le donner. » Quatrième, la spécificité : le consentement « doit être requis à chaque fois qu'une nouvelle finalité nécessitant le consentement vient s'ajouter aux finalités initialement prévues. »

L'erreur la plus fréquente tient en une phrase de la CNIL : « L'acceptation de conditions générales d'utilisation ne peut être une modalité valable de recueil du consentement. » Renvoyer aux CGU, c'est n'avoir rien recueilli. Sur la mesure d'audience qui peut s'exempter, voir notre page dédiée ; sur le pixel dans un e-mail, nos repères.

Prouver le consentement : quatre modalités citées

Le point que les bandeaux tout faits laissent souvent de côté : « Chaque acteur se prévalant du consentement doit être en mesure d'en apporter la preuve. » La CNIL en cite quatre, « non exclusives ».

Une mise sous séquestre du code chez un tiers, ou « la publication horodatée sur une plate-forme publique d'un condensat » de ce code. Une conservation horodatée des captures d'écran : « Une capture d'écran du rendu visuel affiché sur un terminal mobile ou fixe peut être conservée, de façon horodatée, pour chaque version du site ou de l'application ». Des audits réguliers par des tiers mandatés. Et la conservation horodatée, par l'éditeur de la solution de recueil, des configurations successives de celle-ci.

Trois de ces quatre modalités reposent sur une date opposable : c'est exactement ce que fournit un horodatage électronique qualifié.

Ce que cette page ne dit pas

Elle ne traite ni les cookie walls, ni la durée de conservation des traceurs et du consentement, ni le cas des transferts hors Union européenne, ni les sanctions prononcées par la CNIL. Elle ne recommande aucune solution de recueil du consentement. Page CNIL publiée le 29 septembre 2020, lue le 14 septembre 2026 ; les lignes directrices et la recommandation citées datent du 17 septembre 2020. Sur votre registre et vos obligations générales, voir notre page RGPD TPE.

Questions fréquentes

Le consentement aux cookies concerne-t-il seulement les cookies ?

Non. La CNIL vise aussi les cookies flash, les pixels invisibles, tout identifiant généré par un logiciel ou un système d'exploitation, et le résultat du calcul d'une empreinte unique du terminal, sur tout type d'appareil.

Quels traceurs n'ont pas besoin de consentement ?

Ceux qui conservent le choix de l'utilisateur, l'authentification et sa sécurité, le panier d'achat et la facturation, la personnalisation attendue de l'interface, l'équilibrage de charge, la limitation d'un accès gratuit sur un site payant, et certains traceurs de mesure d'audience sous conditions.

Accepter les CGU vaut-il consentement ?

Non : la CNIL écrit que l'acceptation de conditions générales d'utilisation ne peut être une modalité valable de recueil du consentement.

Le refus doit-il être aussi facile que l'acceptation ?

Oui. L'utilisateur doit pouvoir accepter ou refuser le dépôt et la lecture des cookies avec le même degré de simplicité, et retirer son consentement aussi simplement qu'il l'a donné.

Comment prouver qu'on a recueilli le consentement ?

La CNIL cite quatre modalités non exclusives : séquestre ou condensat horodaté du code, captures d'écran horodatées par version, audits réguliers par des tiers mandatés, et conservation horodatée des configurations successives de la solution de recueil.

Sources consultées

  1. CNIL — Cookies et traceurs : que dit la loi ? (page publiée le 29 septembre 2020)cnil.fr · consulté le 14 septembre 2026

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