Aller au contenu

Accueil Emailing et relation client

Jaquette de la page « Pixel de suivi dans un email : ce que la CNIL impose depuis avril 2026 » : Pixel de suivi

QuestionRelu par Hugo Berton

Pixel de suivi dans un email : ce que la CNIL impose depuis avril 2026

Pixel de suivi dans les courriels : consentement de principe, exemption pour la délivrabilité des messages transactionnels, information sous 3 mois.

Par Hugo Berton · · 3 min de lecture · relu le 14 septembre 2026

En bref

Un pixel de suivi dans un courriel relève des règles sur les traceurs : il suppose en principe le consentement, précise la CNIL dans sa recommandation publiée le 14 avril 2026. Une exemption existe pour mesurer la délivrabilité de courriels rattachés à un service demandé par le destinataire — les messages transactionnels. Un mail de prospection fondé sur l'exception des services analogues n'en bénéficie pas.

  • 14 avril 2026publication au Journal officiel de la recommandation, adoptée par la délibération n° 2026-042 du 12 mars 2026
  • 3 moisdélai laissé pour informer les personnes dont l'adresse a été collectée avant cette publication, soit le 14 juillet 2026

Pixel de suivi : de quoi parle la CNIL

La CNIL définit le pixel de suivi comme « une méthode de traçage alternative aux traceurs et témoins de connexion (cookies), habituellement mise en œuvre sous la forme d'une image réduite (1 pixel par 1 pixel), intégrée dans un site web ou un courriel et invisible pour l'utilisateur ». Son chargement, « dont le nom contient un identifiant de l'utilisateur, permet de savoir que l'utilisateur tracé a visité une page ou lu un courriel ».

La recommandation « s'adresse à tous les organismes, privés ou publics (entreprises, associations, administrations, collectivités), qui utilisent des pixels de suivi dans les courriels ainsi qu'aux prestataires techniques auxquels ils peuvent avoir recours ». Elle complète les lignes directrices du Comité européen de la protection des données et la recommandation « cookies et autres traceurs ».

Consentement ou exemption : la ligne de partage

La version définitive « reconnaît l'existence d'une exemption au consentement pour la mesure individuelle de la délivrabilité des courriels rattachés à un service demandé par le destinataire ». Objectif assumé : « identifier les destinataires qui n'ouvrent plus leurs courriels afin de retirer de leurs listes les personnes devenues inactives ». L'encadrement est strict : « les données utilisées doivent être limitées au strict nécessaire et ne peuvent servir qu'à mesurer la délivrabilité des messages ».

Les courriels concernés sont les transactionnels : « alertes de compte, notifications liées à des événements comme l'expédition d'un colis, confirmations de commande et factures d'achat, rappels et réinitialisation de mot de passe, alertes de sécurité et notification de violation, etc. », et ceux pour lesquels la personne a consenti.

CasConsentement ?
pixel de délivrabilité dans un courriel transactionnel, données strictement nécessairesexempté, selon la recommandation
le pixel collecte plus que nécessaire, par exemple « l'heure d'ouverture des courriels »consentement requis
courriel de prospection fondé sur l'exception des produits ou services analogues (article 34-5 du CPCE)consentement requis : ce n'est pas un service demandé par l'utilisateur
statistique globale de taux d'ouverture calculée depuis des pixels exemptéspossible sans consentement, répond la CNIL
CNIL, recommandation relative aux pixels de suivi dans les courriers électroniques et sa foire aux questions du 22 juillet 2026, pages lues le 14 septembre 2026.

Ce qui change pour une base d'adresses existante

La CNIL a retenu « une approche progressive ». Pour les adresses collectées avant la publication, « l'insertion de pixels peut continuer, sous réserve de l'envoi d'une information claire et accessible aux destinataires dans un délai qui ne saurait, en principe, excéder 3 mois à partir de la publication de la recommandation et de l'absence d'opposition de ceux-ci ». Le délai « court à compter du 14 avril 2026, date de publication de la recommandation au Journal Officiel ».

Deux précisions de la foire aux questions comptent. Le délai « peut être prolongé de manière raisonnable » quand le volume de la base ou les risques de délivrabilité le justifient, « sous réserve de documenter ces difficultés ». Et si l'information n'a pas été envoyée à l'échéance, il faut « en principe » recueillir le consentement.

Enregistrer le choix, et ne pas le redemander sans cesse

La CNIL « recommande d'enregistrer le choix exprimé par l'utilisateur (acceptation ou refus) afin qu'il ne soit pas sollicité de nouveau à chaque envoi de courriel », en avertissant qu'« une sollicitation trop fréquente des personnes ayant exprimé un refus est susceptible de faire obstacle à la liberté du consentement ».

Elle donne un repère chiffré : « Ne pas solliciter à nouveau l'utilisateur pendant une durée de six mois constitue une bonne pratique. » Les règles générales de la prospection par courriel sont sur notre page dédiée ; le suivi d'ouverture proposé par les plateformes d'envoi est décrit sur notre avis Brevo.

Ce que cette page ne dit pas

Elle ne reprend ni les conditions détaillées de l'exemption, exposées dans la partie de la recommandation qui lui est consacrée, ni les modalités de preuve du consentement, ni le sort des liens traçants, ni le régime des courriels envoyés aux salariés. La CNIL annonce qu'elle « veillera ensuite, dans le cadre de ses missions de contrôles à venir, au respect des règles applicables dans ce domaine ». Pages lues le 14 septembre 2026 ; texte de référence : délibération n° 2026-042 du 12 mars 2026.

Questions fréquentes

Un pixel de suivi dans un email exige-t-il un consentement ?

En principe oui. La CNIL reconnaît une exemption pour la mesure individuelle de la délivrabilité de courriels rattachés à un service demandé par le destinataire, avec des données limitées au strict nécessaire.

Un mail de prospection peut-il en bénéficier ?

Non quand il repose sur l'exception des produits ou services analogues de l'article 34-5 du CPCE : la CNIL indique qu'il ne peut pas être considéré comme un service demandé par l'utilisateur.

Et pour les adresses déjà dans ma base ?

L'usage de pixels peut continuer à condition d'informer clairement les destinataires dans un délai de principe de 3 mois à compter du 14 avril 2026, et en l'absence d'opposition de leur part.

Faut-il redemander le choix à chaque envoi ?

Non : la CNIL recommande d'enregistrer le choix et considère comme bonne pratique de ne pas solliciter à nouveau la personne pendant six mois.

Sources consultées

  1. CNIL — Pixels de suivi dans les courriers électroniques : la CNIL publie ses recommandations (14 avril 2026)cnil.fr · consulté le 14 septembre 2026
  2. CNIL — Questions-réponses sur la recommandation relative aux pixels dans les courriers électroniques (22 juillet 2026)cnil.fr · consulté le 14 septembre 2026

Le marchand peut déposer un cookie qui lui dit que vous venez de chez nous : c'est ce qui nous permet de toucher une commission, sans rien changer à votre prix. Vous acceptez ? Dans les deux cas, le lien mène au même endroit. En savoir plus