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Jaquette de la page « Fuite de données personnelles : que faire, côté victime et côté entreprise » : Fuite de données

QuestionRelu par Hugo Berton

Fuite de données personnelles : que faire, côté victime et côté entreprise

Fuite de données : changer les mots de passe, se méfier des faux conseillers, surveiller son IBAN, et pour l'entreprise notifier la CNIL. Fiche officielle d'août 2026.

Par Hugo Berton · · 2 min de lecture · relu le 14 septembre 2026

En bref

Après une fuite de données personnelles, Cybermalveillance.gouv.fr, dans sa fiche mise à jour le 26 août 2026, conseille de lire le communiqué de l'organisme pour savoir ce qui a fuité, de se méfier de tout appel ou message qui s'appuierait sur ces informations, de changer les mots de passe concernés et d'activer la double authentification, de surveiller son compte si l'IBAN est touché et de porter plainte en cas d'usage frauduleux. L'entreprise d'où vient la fuite peut, elle, devoir notifier la CNIL, dans les 72 heures en cas de risque.

  • 72 hdélai de notification à la CNIL pour une entreprise, en cas de violation de données personnelles présentant un risque pour les personnes
  • 1 moisaprès une demande de suppression restée sans effet, la personne peut déposer plainte auprès de la CNIL, selon la fiche

Fuite de données : ce que recouvre le terme

La fiche « Violation ou fuite de données personnelles, que faire ? », publiée le 7 décembre 2022 et mise à jour le 26 août 2026, la définit comme l'accès ou la divulgation non autorisés d'informations personnelles détenues par un tiers : site, service en ligne, entreprise, association, collectivité ou administration. Son origine peut être « accidentelle ou malveillante, interne ou externe ».

Une donnée personnelle est toute information qui identifie directement ou indirectement une personne : nom, adresse, e-mail, téléphone, numéro de sécurité sociale ou de compte client. Récupérées par des cybercriminels, ces données servent à un usage frauduleux ou sont revendues, et exposent à l'hameçonnage ciblé, à l'escroquerie, à l'usurpation d'identité ou au piratage de comptes.

Le risque principal : hameçonnage et faux conseillers

Selon la fiche, les conséquences d'une violation concernent « principalement » les différentes formes d'hameçonnage et de tentatives d'escroquerie. Des escrocs se servent des informations dérobées pour paraître légitimes : obtenir codes et mots de passe, faire valider des opérations bancaires en se présentant comme un service anti-fraude, ou pousser à un virement.

La parade tient en une règle : authentifier son interlocuteur en contactant soi-même l'organisme à ses coordonnées officielles, et « prenez toujours le temps de vérifier les informations par vous-même », dit-elle, surtout sous pression. Pour une entreprise, le même scénario mène à la fraude au faux RIB ; les signes d'un message piégé sont sur notre page hameçonnage.

Les gestes après une fuite

Le tableau reprend les consignes dans l'ordre où la fiche les donne.

GesteCe que précise la fiche
Savoir ce qui a fuitélire le communiqué de l'organisme, le contacter au besoin pour confirmer
Se méfierde tout appel ou message qui prétendrait vous connaître grâce aux informations dérobées
Changer les mots de passesur le service touché et partout où le même servait, avec la double authentification
Surveiller le compte bancairesi l'IBAN a fuité : remboursement des opérations non autorisées, vigilance renforcée, opposition au besoin
Faire retirer les publicationssignaler aux plateformes et demander le déréférencement aux moteurs de recherche
Saisir la CNILsi les données restent accessibles un mois après la demande, ou si elles ont été mal protégées
Porter plainteen cas d'usage frauduleux, avec toutes les preuves
Action de groupepossible via une association agréée, pour faire cesser la violation et obtenir réparation
Cybermalveillance.gouv.fr, « Violation ou fuite de données personnelles, que faire ? », mise à jour le 26 août 2026, lue le 14 septembre 2026.

Côté entreprise : quand la fuite vient de chez vous

Deux autres fiches du dispositif décrivent les obligations de l'organisation qui détenait les données. En cas de violation présentant un risque pour les droits et libertés des personnes, l'entreprise doit notifier la CNIL dans les 72 heures, et informer les personnes concernées lorsque le risque est élevé. La notification précise la nature de la violation, le nombre approximatif de personnes et d'enregistrements touchés, les conséquences probables et les mesures prises. Le déroulé complet d'un incident est sur notre page piratage informatique.

Réduire l'exposition avant la prochaine fuite

La fiche liste sept précautions : ne communiquer que le minimum d'informations, ne pas envoyer à la légère pièce d'identité, fiche de paie, avis d'imposition ou RIB, ne pas enregistrer sa carte bancaire pour un achat ponctuel, utiliser des mots de passe différents et complexes, activer la double authentification, supprimer les comptes inutilisés, et exercer son droit de suppression auprès des organismes quittés, avec un modèle de courrier proposé par la CNIL. Voir aussi notre page sur les mots de passe.

Ce que prévoit le code pénal

Selon les cas, plusieurs infractions peuvent être retenues contre les auteurs. Les peines ci-dessous sont celles que cite la fiche.

InfractionTextePeine citée
Escroqueriearticle 313-1 du Code pénalcinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende
Usurpation d'identitéarticle 226-4-1 du Code pénalun an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende
Collecte frauduleuse de données personnellesarticle 226-18 du Code pénalcinq ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende
Usage frauduleux de moyen de paiementarticles L163-3 et L163-4 du Code monétaire et financiersept ans d'emprisonnement et 750 000 € d'amende
Accès frauduleux à un système informatiquearticle 323-1 du Code pénaltrois ans et 100 000 €, cinq ans et 150 000 € si des données sont supprimées ou modifiées
Atteinte au secret des correspondancesarticle 226-15 du Code pénalun an d'emprisonnement et 45 000 € d'amende
Peines telles que citées par Cybermalveillance.gouv.fr dans sa fiche mise à jour le 26 août 2026.

Ce que cette page ne dit pas

Elle ne détaille pas les obligations RGPD d'une entreprise au-delà de la notification, ni les liens de signalement propres à chaque réseau social, qui figurent sur la fiche officielle. Fiches lues le 14 septembre 2026.

Questions fréquentes

Mes données ont fuité : que faire en premier ?

Lire le communiqué de l'organisme pour savoir quelles données sont concernées, changer les mots de passe touchés, activer la double authentification et se méfier de tout appel ou message inattendu.

Mon IBAN a fuité : est-ce grave ?

La fiche conseille de surveiller le compte, de demander le remboursement de toute opération non autorisée en invoquant l'article L133-24 du Code monétaire et financier, et de prévenir sa banque.

Une entreprise victime d'une fuite doit-elle prévenir la CNIL ?

Oui si la violation présente un risque pour les droits et libertés des personnes : notification dans les 72 heures, et information des personnes si le risque est élevé.

Peut-on se plaindre à la CNIL après une fuite ?

Oui si, un mois après une demande de suppression, les données restent accessibles, ou si l'on estime que l'organisme ne les a pas suffisamment protégées.

Sources consultées

  1. Cybermalveillance.gouv.fr — Violation ou fuite de données personnelles, que faire ? (mise à jour le 26 août 2026)cybermalveillance.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026
  2. Cybermalveillance.gouv.fr — Piratage de compte, que faire ? (mise à jour le 7 mai 2026)cybermalveillance.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026
  3. Cybermalveillance.gouv.fr — Piratage d'un système informatique professionnel, que faire ? (mise à jour le 25 février 2026)cybermalveillance.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026

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