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Jaquette de la page « Piratage informatique en entreprise : que faire, étape par étape » : Piratage informatique

QuestionRelu par Hugo Berton

Piratage informatique en entreprise : que faire, étape par étape

Piratage informatique en entreprise : isoler les postes, garder les preuves, porter plainte avant de réinstaller, notifier la CNIL. La fiche officielle de février 2026.

Par Hugo Berton · · 3 min de lecture · relu le 14 septembre 2026

En bref

En cas de piratage informatique d'une entreprise, Cybermalveillance.gouv.fr, dans sa fiche mise à jour le 25 février 2026, demande d'abord de déconnecter et isoler les équipements touchés, puis d'identifier l'origine et l'étendue de l'intrusion, de récupérer les journaux et de copier les machines attaquées. La plainte doit être déposée avant de réinstaller, pour conserver les preuves. Viennent ensuite l'analyse antivirus, la réinstallation depuis des sauvegardes saines, le changement des mots de passe, les mises à jour et, si des données personnelles sont touchées, la notification éventuelle à la CNIL.

  • 100 000 à 300 000 €d'amende encourus pour atteinte à un système de traitement automatisé de données, avec trois à sept ans d'emprisonnement, selon la fiche
  • 42mesures du guide d'hygiène de l'ANSSI que la fiche conseille d'appliquer en complément

Piratage informatique : de quoi parle-t-on

La fiche « Piratage d'un système informatique professionnel, que faire ? », publiée le 27 mai 2021 et mise à jour le 25 février 2026, définit l'intrusion comme « l'accès non autorisé à ce système par un tiers » : ordinateur, appareil mobile, objet connecté, serveur ou réseau. Les portes d'entrée citées sont une faille de sécurité, un logiciel ou un équipement mal configuré, un virus, ou des identifiants récupérés par hameçonnage.

L'origine peut être externe, des cybercriminels, ou interne : « un collaborateur mécontent ou négligeant ou bien encore un prestataire ». Une fois entré, le pirate cherche à se propager aux autres équipements, avec pour but le gain d'argent, l'espionnage, le sabotage, le chantage ou le vandalisme. D'où la gravité : le vol, « voire la perte totale », des informations du système.

Les gestes, dans l'ordre de la fiche

L'ordre compte : les preuves se collectent et la plainte se dépose avant de nettoyer et de réinstaller.

ÉtapeGesteCe que précise la fiche
1Confinerdéconnecter du réseau, mettre en quarantaine, couper les accès, écarter clés USB et disques
2Chercher l'originecompte d'administration hameçonné, mot de passe par défaut, pièce jointe, logiciel non mis à jour, port mal fermé
3Repérer l'activité inhabituellecomptes administrateurs créés, programmes inconnus, trafic réseau anormal
4Mesurer l'étendueautres appareils touchés, informations perdues ou compromises
5Récupérer les journauxpare-feux, proxys, postes et serveurs : traces et preuves à valeur juridique
6Copier les machinescopie physique complète et mémoire, ou disques conservés pour les enquêteurs
7Porter plainteavant la réinstallation des appareils touchés
8Analyser et nettoyerantivirus à jour, quarantaine ou suppression, fichiers et accès malveillants retirés
9Réinstallerdepuis des sauvegardes antérieures à l'incident et réputées saines
10Changer les mots de passedes équipements touchés et des utilisateurs potentiellement compromis
11Mettre à jourtous les logiciels et équipements avant la remise en service
12Notifier la CNIL si besoinselon les risques en cas de violation de données personnelles
Cybermalveillance.gouv.fr, « Piratage d'un système informatique professionnel, que faire ? », mise à jour le 25 février 2026, lue le 14 septembre 2026.

La plainte avant la réinstallation

La fiche insiste : « le dépôt de plainte doit intervenir avant la réinstallation des appareils touchés », de manière à conserver les preuves techniques et à pouvoir les fournir aux enquêteurs. La plainte se dépose au commissariat, à la gendarmerie, ou par écrit au procureur de la République du tribunal judiciaire dont dépend l'entreprise. Une entreprise incapable de faire une copie physique de ses machines conserve leurs disques durs à disposition des enquêteurs.

Notifier la CNIL : ce que la notification doit contenir

Si des données personnelles ont été compromises, l'entreprise peut, selon les risques pour les personnes, être obligée de notifier l'incident à la CNIL. La fiche liste ce qu'il faut préciser : la nature de la violation, les catégories et le nombre approximatif de personnes et d'enregistrements concernés, les conséquences probables, et les mesures prises ou envisagées pour éviter qu'il se reproduise. Le délai de 72 heures est rappelé sur notre page sur le compte ou la messagerie piratés.

Prévenir la prochaine intrusion

Neuf mesures de protection figurent dans la fiche. Trois relèvent de l'administration du système : n'utiliser les comptes administrateurs qu'en cas de nécessité, limiter les droits des utilisateurs au strict nécessaire, et vérifier régulièrement les fichiers de journalisation pour repérer une activité inhabituelle. Les autres sont détaillées sur nos pages : antivirus et pare-feu, mises à jour, mots de passe, sauvegardes déconnectées, méfiance envers les messages suspects, et pas de logiciel piraté ou d'origine douteuse.

En complément, la fiche renvoie aux 42 mesures du guide d'hygiène de l'ANSSI.

Ce que prévoit le code pénal

Selon les cas, l'infraction d'atteinte à un système de traitement automatisé de données peut être retenue. Les articles 323-1 à 323-7 du Code pénal visent notamment le fait d'y accéder ou de s'y maintenir frauduleusement, de supprimer, modifier ou extraire des données, ou d'altérer le fonctionnement du système. La fiche indique des peines de trois à sept ans d'emprisonnement et de 100 000 à 300 000 euros d'amende, la tentative étant punie des mêmes peines.

Ce que cette page ne dit pas

Elle ne remplace pas l'intervention d'un spécialiste, que la fiche recommande au besoin. Pour le point de vue du dirigeant, voir notre page sur la cyberattaque ; si les fichiers sont chiffrés contre rançon, celle sur le rançongiciel. Fiche lue le 14 septembre 2026.

Questions fréquentes

Que faire en premier après un piratage informatique en entreprise ?

Déconnecter du réseau et isoler les postes et équipements touchés, couper les accès, et mettre de côté les supports concernés, selon Cybermalveillance.gouv.fr.

Faut-il porter plainte avant de réinstaller les ordinateurs ?

Oui : la fiche officielle précise que la plainte doit intervenir avant la réinstallation, pour conserver les preuves techniques pour les enquêteurs.

Faut-il prévenir la CNIL après un piratage ?

Si des données personnelles ont été compromises, l'entreprise peut être obligée de notifier l'incident selon les risques pour les personnes, en décrivant la violation, les personnes et données touchées, les conséquences et les mesures prises.

Que risque l'auteur d'un piratage informatique ?

La fiche cite les articles 323-1 à 323-7 du Code pénal : trois à sept ans d'emprisonnement et 100 000 à 300 000 euros d'amende, tentative comprise.

Sources consultées

  1. Cybermalveillance.gouv.fr — Piratage d'un système informatique professionnel, que faire ? (mise à jour le 25 février 2026)cybermalveillance.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026

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