
QuestionRelu par Hugo Berton
Occupation du domaine public : terrasse, étalage, kiosque, redevance et amende
Occupation du domaine public : permis de stationnement pour terrasse ouverte ou étalage, permission de voirie pour terrasse fermée, dossier, droit de voirie, amende.
Par Hugo Berton · · 4 min de lecture · relu le 15 septembre 2026
En bref
L'occupation du domaine public par un commerce, terrasse, étalage, food truck ou kiosque, exige une autorisation d'occupation temporaire délivrée par la mairie ou la préfecture : un permis de stationnement sans emprise fixe au sol, une permission de voirie pour une terrasse fermée ou un kiosque. Personnelle, valable souvent 1 an ou une saison et révocable sans indemnité, elle donne lieu à un droit de voirie fixé par la commune. S'installer sans elle expose à 1 500 € d'amende. Fiche Service Public vérifiée le 8 septembre 2025.
- 1 500 €amende pour une terrasse ou un étalage installé sans autorisation, hors de ses termes ou sans paiement de la redevance
- 2 moisdélai de silence de la mairie ou de la préfecture au terme duquel la demande est considérée comme refusée
- 6 moisdélai laissé aux ayants droit d'un titulaire décédé qui n'exploitent pas pour présenter un successeur
Occupation du domaine public : quelle autorisation ?
D'après la fiche Entreprendre Service Public vérifiée le 8 septembre 2025, tout commerçant qui occupe une partie de l'espace public pour son activité demande une autorisation d'occupation temporaire, en mairie ou en préfecture, et paie une redevance. Le permis de stationnement vise les installations sans emprise fixe au sol : terrasse ouverte de bar, café ou restaurant avec tables et chaises mobiles, étalage ou équipement mobile devant la devanture, comme un bac à glace, un appareil de cuisson, des livres ou des vêtements, food truck, camion pizza ou salon de coiffure ambulant, manèges forains. La permission de voirie vise les installations à emprise fixe : terrasse fermée et kiosque. Les marchés et halles relèvent du droit de place.
La terrasse est réservée aux bars, cafés et restaurants, et un règlement communal peut la réserver aux propriétaires du fonds. Aucune autorisation n'est nécessaire pour un comptoir donnant sur la rue, snack, glacier, sandwicherie ou boulangerie, dont les clients restent sur le trottoir le temps d'acheter.
| Installation | Autorisation | Chauffage ou climatisation |
|---|---|---|
| terrasse ouverte, étalage, food truck, manège | permis de stationnement | interdit sur une terrasse ouverte |
| terrasse fermée et fixe, kiosque fixé au sol | permission de voirie | permis si la terrasse est close de murs et hermétique |
| stand sur un marché ou dans une halle | droit de place | non traité ici |
| comptoir donnant sur la rue | aucune autorisation | sans objet |
Une autorisation personnelle, temporaire et révocable
L'autorisation est personnelle : elle ne peut être ni cédée, ni sous-louée, ni vendue avec le fonds de commerce. Elle vaut le plus souvent 1 an ou une saison, aux dates fixées par l'arrêté, et se renouvelle ou se reconduit tacitement. La commune peut la suspendre ou la retirer à tout moment, sans préavis ni indemnité, par exemple pour des travaux ou une manifestation. S'installer sans autorisation, sans en respecter les termes, dates, horaires, tranquillité des riverains et accès des secours et des personnes à mobilité réduite, ou sans payer la redevance, expose à une amende de 1 500 €.
Conditions, dossier et délais
Le demandeur a au moins 18 ans, est français, ressortissant de l'Union européenne ou étranger en situation régulière, immatriculé au RCS ou au RNE, assuré pour l'occupation du domaine public et, sauf exceptions, titulaire de la carte de commerce ambulant. Le dossier se fait sur le formulaire de la commune ou le cerfa n° 14023, avec l'extrait Kbis ou d'immatriculation, la licence pour un bar ou un restaurant, le bail commercial ou le titre de propriété, l'attestation d'assurance, un descriptif et un plan d'implantation, et un RIB ; pour une terrasse fermée ou un kiosque, des plans de situation et de localisation et une photo. La liste varie selon les communes.
La demande va en mairie, ou en préfecture pour une grande artère, une route départementale ou nationale. Elle est traitée en 2 semaines à 1 mois ; sans réponse sous 2 mois, elle est refusée. L'arrêté accordé est affiché au moins 2 mois.
Règles d'occupation et droit de voirie
L'occupant ne gêne ni les piétons, ni les personnes à mobilité réduite ou malvoyantes, ni les secours, laisse l'accès aux immeubles voisins, préserve la tranquillité des riverains, respecte dates et horaires et les règles de sa profession, comme la chaîne du froid. Ces règles figurent souvent dans une charte communale d'occupation du domaine public. Le droit de voirie, fixé par la commune, dépend de la surface de la terrasse ou de l'étalage, de la durée, annuelle ou saisonnière, et de la valeur commerciale de la rue ; il peut changer au renouvellement.
Reprise du fonds ou décès du titulaire
L'autorisation ne suit pas le fonds : le repreneur dépose une nouvelle demande, éventuellement par anticipation, sans attribution automatique ; accordée, elle prend effet à la réception de la preuve de la cession. Pour une terrasse fermée ou un kiosque, le titulaire peut présenter un successeur au maire s'il exploite l'emplacement depuis une durée fixée par le conseil municipal, sans dépasser 3 ans, décision notifiée sous 2 mois. Au décès du titulaire, les ayants droit qui poursuivent l'exploitation reçoivent une autorisation identique pour 3 mois, puis demandent une nouvelle autorisation dans les 3 mois ; sinon, ils ont 6 mois pour présenter un successeur, et un refus doit être motivé.
Écarts relevés tels quels : la fiche écrit qu'un règlement communal peut réserver les terrasses ouvertes aux propriétaires du fonds « et non aux locataires », puis, pour les terrasses fermées, « et non aux bailleurs » ; elle nomme aussi l'AOT autorisation d'occupation temporaire du domaine public, puis autorisation d'occupation du territoire.
Ce que cela change pour la TPE
Notre lecture, pour un glacier qui pose un bac à glace sur le trottoir : il lui faut un permis de stationnement et le droit de voirie, alors qu'une boulangerie qui vend par une fenêtre sur rue n'en a pas besoin. Un repreneur de café avec terrasse dépose sa demande à la mairie avant la signature, puisque l'autorisation ne se transmet pas avec le fonds. Voir notre page sur les emplacements de marché et notre page sur le commerce ambulant.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne donne ni les tarifs de voirie des communes, ni le détail des chartes locales, ni les règles de sécurité propres aux forains. Fiche vérifiée le 8 septembre 2025, lue le 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Faut-il une autorisation pour une terrasse de café ?
Oui : un permis de stationnement pour une terrasse ouverte, une permission de voirie pour une terrasse fermée et fixe, demandés à la mairie ou à la préfecture, avec un droit de voirie à payer.
Un commerçant peut-il mettre un étalage sur le trottoir ?
Avec un permis de stationnement, pour un étalage ou un équipement mobile posé contre la devanture ou sur le trottoir ; sans lui, l'amende est de 1 500 €.
L'autorisation de terrasse est-elle vendue avec le fonds de commerce ?
Non : elle est personnelle ; le repreneur fait une nouvelle demande, qu'il peut déposer par anticipation, effective à la preuve de la cession.
Peut-on chauffer une terrasse ?
Pas une terrasse ouverte ; le chauffage ou la climatisation sont permis sur une terrasse fermée de murs et hermétique à l'air.
Que se passe-t-il si la mairie ne répond pas ?
Sans réponse dans les 2 mois, la demande d'autorisation est considérée comme refusée.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Occupation du domaine public par un commerce (AOT) (vérifiée le 8 septembre 2025)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026