
QuestionRelu par Hugo Berton
Activité professionnelle à domicile : bail, copropriété, zone tendue
Activité professionnelle à domicile : résidence principale, bail, copropriété, changement d'usage en zone tendue, tolérance en étage ou rez-de-chaussée.
Par Hugo Berton · · 4 min de lecture · relu le 15 septembre 2026
En bref
Une activité professionnelle à domicile n'est possible que dans sa résidence principale. Le locataire vérifie que son bail l'autorise, sinon il demande l'accord du bailleur ; en copropriété, le règlement ne doit pas l'interdire. En zone tendue, une autorisation de changement d'usage peut être exigée, sauf tolérance : en étage, sans clientèle, marchandises ni salarié ; en rez-de-chaussée, sans nuisance ni salarié. Deux fiches Service Public, vérifiées le 12 juin et le 2 juillet 2026, ne retiennent pas le même critère géographique.
- 90 joursdélai pour déposer la déclaration n° 6660-REV après le changement d'affectation du local, selon la fiche du 12 juin 2026
- 200 000 habitantsseuil de population au-delà duquel la fiche du 2 juillet 2026 impose une autorisation de changement d'usage, comme à Paris et dans les départements 92, 93 et 94
- 0 salariécondition commune aux deux tolérances de la fiche du 12 juin 2026, en étage comme en rez-de-chaussée
Activité professionnelle à domicile : résidence principale, bail, copropriété
D'après la fiche Entreprendre Service Public « Exercice d’une activité professionnelle à domicile », vérifiée le 12 juin 2026, un entrepreneur individuel ou le dirigeant d'une société « peut exercer son activité professionnelle à domicile uniquement s’il s’agit de sa résidence principale ». Trois vérifications s'enchaînent : le bail d'habitation si l'on est locataire, le règlement de copropriété si l'immeuble en a un, puis la localisation du logement, qui décide si une autorisation de changement d'usage est nécessaire.
Côté bail, le locataire vérifie que son contrat autorise l'exercice d'une activité professionnelle. S'il l'interdit, il demande l'autorisation du bailleur, qui est aussi nécessaire en cas de travaux d'aménagement, par exemple pour équiper un cabinet médical. La fiche prévient : « Le fait d’installer une activité professionnelle dans des locaux loués sans autorisation du bailleur constitue un motif de résiliation du bail. »
En copropriété, deux situations. Si le règlement contient une clause d'habitation exclusivement bourgeoise, l'activité professionnelle est interdite dans le logement ; la clause peut être modifiée, mais par un vote de l'assemblée des copropriétaires à l'unanimité. Si le règlement ne dit rien, il faut demander à l'assemblée une autorisation expresse, c'est-à-dire écrite, pour la profession projetée, et l'attendre avant de poser une plaque professionnelle à l'entrée de l'immeuble. Un locataire peut demander à son bailleur de faire la vérification ou de lui transmettre le règlement.
Zone tendue ou non : quand demander un changement d'usage
Hors zone tendue, l'exercice à domicile est en principe possible sans autorisation de changement d'usage. Mais quand il existe des difficultés sérieuses d'accès au logement, une délibération du conseil municipal ou de l'intercommunalité peut imposer cette autorisation préalable : il faut donc se renseigner sur sa commune. En zone tendue, le professionnel demande l'autorisation à la mairie, et le maire peut accepter un changement partiel, par exemple une pièce dédiée, ou total.
Deux précisions pèsent sur la suite. L'autorisation est personnelle : quand le locataire déménage, le local redevient un logement. Et dans les 90 jours suivant le changement d'affectation, le propriétaire d'un local commercial ou professionnel dépose au service des impôts des entreprises la déclaration n° 6660-REV.
Même en zone tendue, la fiche prévoit une tolérance sans autorisation, dans une partie de la résidence principale, si le bail et le règlement de copropriété autorisent l'activité. Ses conditions changent selon l'étage.
| Condition | Logement en étage | Logement en rez-de-chaussée |
|---|---|---|
| clientèle et marchandises | aucune réception | réception possible |
| salariés | aucun salarié | aucun salarié, seuls les occupants exercent |
| voisinage et immeuble | non mentionné par la fiche | ni nuisance, ni danger, ni désordre |
| bail et règlement de copropriété | doivent autoriser l'activité | doivent autoriser l'activité |
Deux fiches, deux critères géographiques
La fiche « Domicilier son entreprise individuelle et son activité », vérifiée le 2 juillet 2026, décrit le même cas autrement. Pour un entrepreneur seul, sans clients ni marchandises, elle pose comme condition d'« Habiter dans une ville de moins de 200 000 habitants ou dans une ZFU-TE » et conclut : « Vous n'avez pas d'autorisation à demander pour exercer votre activité à votre domicile. » L'autorisation n'y est exigée qu'à Paris, dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et les communes de plus de 200 000 habitants. La fiche du 12 juin 2026 raisonne, elle, en zone tendue, avec une liste de communes qui renvoie à l'annexe d'un décret de 2013 sur la taxe annuelle sur les logements vacants.
Le rez-de-chaussée ne reçoit pas le même traitement non plus. La fiche du 2 juillet 2026 exige de « Ne pas recevoir de clients ni de marchandises à votre domicile » et ajoute qu'en rez-de-chaussée l'activité ne doit pas causer de nuisances sonores ; celle du 12 juin 2026 écrit pour le rez-de-chaussée : « Dans ce cas, le professionnel peut recevoir une clientèle et des marchandises. » Le délai fiscal varie aussi : 3 mois après le début d'activité pour prévenir les impôts d'un côté, 90 jours après le changement d'affectation pour la déclaration du propriétaire de l'autre.
Deux détails de rédaction dans la fiche du 12 juin 2026 : son introduction ne cite l'autorisation qu'en zone tendue, alors que la section suivante montre qu'une commune hors zone tendue peut l'imposer ; et le vote à l'unanimité des copropriétaires renvoie à une définition qui parle des « associés ou actionnaires de la société ». Nous publions ces écarts sans les trancher : seule la mairie peut dire si sa commune exige une autorisation.
Ce que cela change pour une TPE
Notre lecture, pour deux cas. Une graphiste locataire au troisième étage, seule et sans clients sur place : si son bail et le règlement de copropriété l'autorisent, les deux fiches concluent qu'elle peut travailler chez elle sans autorisation, sauf si sa commune fait partie de celles qui l'exigent. Un ostéopathe au rez-de-chaussée qui reçoit des patients, sans salarié : la fiche du 12 juin 2026 le place dans la tolérance, alors que celle du 2 juillet 2026 ne prévoit pas ce cas, puisqu'elle oppose l'actif seul sans clients à plusieurs actifs recevant clients et marchandises, qui doivent obtenir l'accord du bailleur ou de la copropriété et celui de la mairie. Une réponse écrite de la mairie reste la seule base sûre.
Un professionnel libéral peut aussi louer un logement dont une partie sert de cabinet : c'est le bail mixte, soumis aux règles du bail d'habitation selon la fiche du 4 juin 2026 sur l'activité libérale. Voir notre page sur le bail professionnel et le bail mixte et notre page sur la CFE du micro-entrepreneur.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne reproduit pas la liste des communes en zone tendue, ne détaille ni la demande d'autorisation en mairie ni la transformation complète d'un logement en local professionnel, et ne traite pas des règles d'accueil du public. Fiches vérifiées le 4 juin, le 12 juin et le 2 juillet 2026, lues le 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Faut-il une autorisation pour travailler chez soi ?
Pas toujours : hors zone tendue, en principe non, sauf délibération locale ; en zone tendue, oui, sauf tolérance quand bail et copropriété l'autorisent et que les conditions d'étage sont remplies.
Peut-on recevoir des clients à son domicile professionnel ?
En rez-de-chaussée, la fiche du 12 juin 2026 l'admet sans salarié ni nuisance ; en étage, la tolérance exclut toute clientèle. La fiche du 2 juillet 2026 est plus stricte.
Que risque un locataire qui exerce sans l'accord du bailleur ?
Si le bail interdit l'activité professionnelle, l'exercer sans autorisation du bailleur constitue un motif de résiliation du bail.
Que faire si le règlement de copropriété ne dit rien ?
Demander à l'assemblée des copropriétaires une autorisation expresse, écrite, pour la profession projetée, et l'attendre avant de poser une plaque.
L'autorisation de changement d'usage suit-elle le logement ?
Non, elle est personnelle : quand le locataire déménage, le local retrouve son usage d'habitation.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Exercice d’une activité professionnelle à domicile (vérifiée le 12 juin 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026
- Entreprendre Service Public — Domicilier son entreprise individuelle et son activité (vérifiée le 2 juillet 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026
- Entreprendre Service Public — Exercice d'une activité libérale à domicile ou dans un local dédié (vérifiée le 4 juin 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026