
QuestionRelu par Hugo Berton
Site internet piraté ou défiguré : que faire, dans l'ordre
Site internet piraté ou défiguré : débrancher, garder les preuves, prévenir la CNIL si des données sont touchées, corriger avant la remise en ligne. Juillet 2026.
Par Hugo Berton · · 3 min de lecture · relu le 14 septembre 2026
En bref
Quand un site internet piraté affiche une page modifiée, Cybermalveillance.gouv.fr parle de défiguration. Sa fiche mise à jour le 10 juillet 2026 conseille de débrancher la machine d'Internet, de conserver les journaux et de copier les serveurs touchés, d'identifier les données copiées ou détruites et la faille utilisée, de porter plainte, puis de corriger les failles et de changer tous les mots de passe avant de remettre le site en ligne. Si le site est hébergé, il faut aussi prévenir l'hébergeur.
- 9gestes à suivre en cas de défiguration, listés par Cybermalveillance.gouv.fr dans sa fiche mise à jour le 10 juillet 2026
- 6mesures de protection recommandées par la même fiche
Site internet piraté : reconnaître une défiguration
La fiche « Défiguration de site Internet, que faire ? », publiée le 21 janvier 2020 et mise à jour le 10 juillet 2026, décrit un site qui devient « uniformément noir, blanc » ou affiche des messages, images ou vidéos sans rapport, parfois une simple mention « owned » ou « hacked ». C'est le signe visible que l'attaquant a obtenu les droits de modifier le contenu.
Le site est souvent inutilisable pendant l'attaque, avec des pertes de revenus et de productivité. Et parce que la défiguration montre que le serveur a été pris en main, elle laisse penser que des données personnelles, bancaires ou commerciales ont pu être consultées, ce qui atteint directement l'image du propriétaire du site auprès de ses clients et partenaires.
Les gestes, dans l'ordre de la fiche
Les preuves se collectent avant toute correction : la plainte en dépend.
| Étape | Geste | Ce que précise la fiche |
|---|---|---|
| 1 | Débrancher | câble réseau retiré ou wifi désactivé sur la machine touchée |
| 2 | Conserver les preuves | journaux du pare-feu, du proxy et des serveurs, photos d'écran, machines conservées |
| 3 | Copier les machines | copie physique complète et mémoire, ou disques durs gardés pour les enquêteurs |
| 4 | Identifier les données sensibles | bases copiées ou détruites, notification CNIL si des données personnelles sont en risque |
| 5 | Trouver la porte d'entrée | mot de passe d'administration faible ou par défaut, défaut de configuration, faille connue non corrigée |
| 6 | Porter plainte | commissariat, gendarmerie ou procureur, avec les preuves |
| 7 | Corriger et changer les mots de passe | avant de remettre le site en ligne |
| 8 | Contacter l'hébergeur | pour qu'il prenne les mesures nécessaires |
| 9 | Se faire assister | par des professionnels qualifiés au besoin |
Données touchées : quand prévenir la CNIL
Si le serveur contenait des données personnelles et que l'incident présente un risque pour la vie privée des personnes, la fiche indique qu'il faut notifier la CNIL. Elle précise que la CNIL considère comme une violation de données une défiguration qui entraîne « une fuite, une altération et/ou une indisponibilité des données ». Les obligations et les gestes côté clients sont détaillés sur notre page sur la fuite de données.
Ce que raconte une victime
La fiche rapporte le témoignage d'un webmaster indépendant des Hauts-de-France, prévenu par son hébergeur que plusieurs sites qu'il gérait pour des collectivités, des artisans et des professions libérales avaient été défigurés. Il reconnaît ne pas avoir fait les mises à jour « depuis pas mal de temps » ; il a rétabli la situation en mettant à jour et en restaurant les sauvegardes, mais conclut : « J'ai quand même perdu des clients suite à cet incident. »
Restaurer suppose d'avoir une sauvegarde récente et saine. Chez les hébergeurs que nous avons relus, o2switch annonce des sauvegardes journalières conservées 30 à 90 jours selon l'offre (nos relevés), et Hostinger des sauvegardes hebdomadaires sur Premium, quotidiennes sur Unlimited (nos relevés), d'après leurs pages consultées le 12 septembre 2026.
Les six protections recommandées
Appliquer régulièrement les mises à jour de sécurité du système et des logiciels des serveurs ; paramétrer un pare-feu qui ferme les ports inutilisés et réserve l'administration aux machines indispensables ; consulter les journaux pour repérer les tentatives d'intrusion et les tests de mots de passe ; imposer des mots de passe complexes et supprimer ceux créés par défaut ; apprendre aux équipes à ne jamais communiquer d'accès administrateur à un tiers non identifié ; ne pas laisser accessible la liste des administrateurs.
Le détail des mises à jour est sur notre page dédiée, et l'ensemble des contrôles sur notre page sur la sécurisation d'un site internet.
Ce que prévoit le code pénal
L'incrimination principale est l'entrave à un système de traitement automatisé de données. Les articles 323-1 à 323-7 du Code pénal prévoient de trois à sept ans d'emprisonnement et de 100 000 à 300 000 euros d'amende. La fiche précise que le fait « d'introduire frauduleusement des données » dans un système peut s'appliquer à la défiguration, et que les tentatives sont punies des mêmes peines.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne détaille pas la procédure technique de nettoyage d'un gestionnaire de contenu, propre à chaque logiciel. Nous n'avons pas testé les sauvegardes des hébergeurs cités. Fiche lue le 14 septembre 2026.
Questions fréquentes
Mon site internet a été piraté : que faire en premier ?
Débrancher si possible la machine d'Internet, puis conserver les preuves, journaux et copies des serveurs, avant toute correction, selon Cybermalveillance.gouv.fr.
Faut-il prévenir la CNIL après la défiguration d'un site ?
Oui si le serveur contenait des données personnelles et que l'incident présente un risque ; la CNIL considère comme une violation une défiguration qui entraîne fuite, altération ou indisponibilité des données.
Comment les pirates modifient-ils un site ?
Les cas les plus fréquents cités par la fiche : un mot de passe d'administration trop simple ou laissé par défaut, un défaut de configuration, ou une faille connue non corrigée.
Peut-on remettre le site en ligne tout de suite ?
Pas avant d'avoir corrigé les failles et changé tous les mots de passe, sinon les pirates risquent de reprendre le contrôle, prévient la fiche.
Sources consultées
- Cybermalveillance.gouv.fr — Défiguration de site Internet, que faire ? (mise à jour le 10 juillet 2026)cybermalveillance.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026