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Préavis de licenciement : quelle durée ?
Durée préavis licenciement salarié : 1 mois entre 6 mois et 2 ans d'ancienneté, 2 mois dès 2 ans, cas particuliers et dispenses expliqués.
Par Hugo Berton · · 6 min de lecture
En bref
Durée préavis licenciement salarié : elle dépend de l'ancienneté. Entre 6 mois et 2 ans, le préavis est de 1 mois ; à partir de 2 ans, il est de 2 mois. En dessous de 6 mois, ce sont la convention collective ou les usages qui fixent la durée. Un travailleur en situation de handicap a un préavis double, dans la limite de 3 mois.
- 1 moisPréavis entre 6 mois et 2 ans d'ancienneté
- 2 moisPréavis à partir de 2 ans d'ancienneté
- 3 moisPlafond du préavis pour un travailleur handicapé
Durée préavis licenciement salarié selon l'ancienneté
Le préavis est le délai qui s'écoule entre la notification du licenciement par l'employeur et la fin du contrat de travail. Pour un licenciement classique, sa durée se lit d'abord dans le tableau ci-dessous, car elle dépend de l'ancienneté du salarié dans l'entreprise. Les seuils reprennent ceux de la fiche Service Public Entreprendre, vérifiée le 7 août 2026.
Entre 6 mois et 2 ans d'ancienneté, le préavis est de 1 mois. À partir de 2 ans, il passe à 2 mois. En dessous de 6 mois, la fiche ne donne pas de chiffre général : elle renvoie aux dispositions conventionnelles ou aux usages. Un salarié arrivé depuis quelques semaines peut donc avoir un préavis fixé par une convention, et il faut lire ce texte avant de fixer une date.
L'ancienneté se calcule au jour où l'employeur envoie la lettre de licenciement. Ce jour-là compte, et non la date de fin de contrat. Un salarié qui franchit un seuil pendant son préavis ne change donc pas de palier, puisque la mesure a été faite à l'envoi. Ce point découle directement de la règle et il change le calcul pour une lettre envoyée juste avant un anniversaire.
Ces seuils constituent un plancher plutôt qu'un plafond. D'après la fiche du Code du travail numérique, une convention ou un contrat peuvent prévoir des règles spécifiques, à condition d'être au moins aussi favorables que le Code du travail. Avant de chiffrer un préavis, il faut donc vérifier le texte applicable à l'entreprise, et pas seulement le barème général.
| Ancienneté du salarié | Durée du préavis |
|---|---|
| Moins de 6 mois | Fixée par des dispositions conventionnelles ou par usages |
| Entre 6 mois et 2 ans | 1 mois |
| Au moins 2 ans | 2 mois |
Préavis licenciement ancienneté 2 ans : le seuil des 2 mois
Le texte range dans la tranche « au moins 2 ans » le salarié qui atteint exactement deux ans d'ancienneté le jour de l'envoi de la lettre. Il a donc droit à 2 mois de préavis, et non à 1 mois comme les salariés de la tranche précédente. Le seuil se lit à la date d'envoi, et non à la date de fin du contrat.
Un salarié qui atteint deux ans pendant son préavis reste sur le palier de 1 mois, puisque l'ancienneté se mesure à l'envoi de la lettre. Le calcul ne dépend pas de la durée effective du préavis. Cette règle protège la prévisibilité : l'employeur sait à la date d'envoi quel préavis il doit, et le salarié peut le vérifier avec les mêmes éléments.
Concrètement, une lettre envoyée quelques jours avant le deuxième anniversaire du contrat n'ouvre pas les mêmes droits qu'une lettre envoyée quelques jours après. Il vaut la peine de conserver la preuve de la date d'envoi avec le dossier du salarié, car c'est elle qui décide du palier. La date de la lettre devient ainsi un élément juridique, et pas seulement une formalité administrative.
Pour un cas proche de ce seuil, les services du ministère du Travail en région informent et orientent les salariés et les employeurs du secteur privé, comme le signale la fiche du Code du travail numérique. Ces services peuvent aider à confirmer la date d'ancienneté et le texte applicable. Ils n'remplacent pas la lecture de la convention collective, mais ils permettent de vérifier le raisonnement avant d'envoyer une lettre.
Dispense, impossibilité et absence de préavis
Certaines ruptures ne donnent droit à aucun préavis. La fiche de Service Public Entreprendre cite le licenciement pour faute grave ou lourde, le licenciement économique avec acceptation du contrat de sécurisation professionnelle, le licenciement pour inaptitude et la force majeure. Pour le contrat de sécurisation professionnelle, le contrat est rompu d'un commun accord à la date de fin du délai de réflexion. Pour l'inaptitude, la date de rupture est celle de la notification.
La dispense est une situation différente. L'employeur peut dispenser le salarié d'effectuer son préavis, et le salarié ne peut pas s'y opposer. Dans ce cas, il doit recevoir une indemnité compensatrice de préavis pour la période non effectuée. Une convention collective peut aussi prévoir une dispense portant sur l'intégralité du préavis.
Le salarié peut aussi demander à ne pas effectuer son préavis, mais l'employeur n'est pas obligé d'accepter. S'il accepte, il n'est pas tenu de verser l'indemnité compensatrice. Le salarié dispensé peut être embauché ailleurs sans attendre la fin du contrat. La dispense ne modifie cependant pas la date à laquelle le contrat prend fin, ce qui compte pour le calcul des droits.
L'impossibilité d'effectuer le préavis forme un troisième cas, distinct de la dispense. La fiche donne l'exemple d'un technicien d'intervention licencié après plusieurs excès de vitesse, dont le permis de conduire a été suspendu. Pour se situer, il faut poser deux questions : la rupture entre-t-elle dans une catégorie sans préavis, et la convention prévoit-elle une dispense ? Les réponses se trouvent dans les fiches citées ci-dessus.
Cas particuliers : handicap, journalistes, VRP, Moselle et Rhin
Un travailleur en situation de handicap a droit à un préavis double de celui des autres salariés, dans la limite de 3 mois. Le palier de 1 mois devient donc 2 mois. Le palier de 2 mois atteint le plafond de 3 mois, car le double dépasserait cette limite. Cette disposition ne s'applique pas à l'indemnité compensatrice due en cas de licenciement pour inaptitude d'origine professionnelle.
Dans les entreprises de journaux et périodiques, les règles changent. Le préavis est de 1 mois pour une ancienneté inférieure ou égale à 2 ans, et de 2 mois pour une ancienneté supérieure à 2 ans. À exactement 2 ans, le journaliste reste donc à 1 mois, alors que le régime général passe à 2 mois. Le seuil ne joue pas dans le même sens selon le statut.
Pour les VRP, la durée ne peut pas être inférieure à 1 mois la première année de présence, à 2 mois la deuxième année, et à 3 mois au-delà. Il s'agit d'un minimum : une convention plus favorable peut prévoir davantage. Ce plancher s'ajoute à la lecture de la convention collective, qui reste le texte à vérifier en premier.
Les salariés qui exercent dans la Moselle, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin relèvent de règles propres, qui dépendent de la façon dont leur rémunération est fixée. Le préavis est de 1 jour si elle est fixée par jour, 1 semaine si elle est fixée par semaine, 15 jours si elle est fixée par mois, et 6 semaines si elle est fixée par trimestre ou pour une période plus longue. La fiche officielle détaille aussi certaines catégories à part : il faut la consulter avant de chiffrer un préavis dans ces départements.
Convention collective, profil et choix du texte à lire
Quand plusieurs textes traitent du préavis, la fiche du Code du travail numérique donne l'ordre à suivre. Si seul un accord d'entreprise, de groupe ou d'établissement traite du sujet, c'est lui qui s'applique. Si seule une convention de branche le traite, c'est elle. Si la convention de branche et un accord d'entreprise le traitent tous les deux, c'est l'accord d'entreprise qui l'emporte.
Ces textes, comme le contrat de travail, doivent rester au moins aussi favorables que le Code du travail. D'autres règles non étendues peuvent également s'appliquer, et la fiche invite à les vérifier. Une lecture du seul Code peut donc donner un chiffre différent de celui qui s'applique réellement à l'entreprise, dans un sens comme dans l'autre.
Pour un salarié relevant du régime général, sans handicap reconnu, qui n'est ni journaliste ni VRP, et qui travaille hors de la Moselle, du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, la règle des trois paliers est un point de départ fiable, sous réserve de la convention. Le critère qui tranche est d'abord le statut, puis le lieu de travail, puis la convention. Pour un salarié à domicile, la fiche signale des dispositions particulières pour les particuliers employeurs et les assistantes maternelles, qu'il faut consulter séparément.
Pour un employeur, le premier réflexe est de vérifier la convention collective, puisque c'est elle qui fixe la durée pour les salariés de moins de 6 mois d'ancienneté. La fiche de Service Public Entreprendre propose un simulateur qui indique si la convention prévoit une dispense de préavis. Pour un salarié, la même vérification passe par la demande du texte applicable à son employeur.
Questions fréquentes
Pendant le préavis, le salarié peut-il chercher un nouvel emploi ?
Oui, sous condition. La fiche indique que le salarié peut être autorisé à s'absenter pour rechercher un nouvel emploi pendant son préavis. Cette autorisation dépend de l'employeur. Les modalités, notamment les heures concernées et leur rémunération, ne figurent pas dans cette page : consultez la fiche de Service Public Entreprendre.
Le préavis est-il toujours continu ?
En principe, oui. La fiche précise toutefois qu'il existe des exceptions à cette règle, sans que cette page puisse les lister. Pour chaque situation, il faut consulter la fiche officielle et, si besoin, les services du ministère du Travail en région.
Quelle date retenir si la lettre recommandée n'est pas retirée ?
Le préavis commence le jour de la première présentation de la lettre recommandée par La Poste, même si le salarié n'a pas récupéré le courrier. L'ancienneté, elle, se calcule à la date d'envoi de la lettre. Les deux dates ne coïncident donc pas toujours, et il faut garder les deux en tête.
Que faire si la convention collective de l'entreprise n'est pas connue ?
Le Code du travail numérique propose de personnaliser la réponse en renseignant sa convention collective, en la cherchant à partir du nom de l'entreprise, ou en choisissant de ne pas la renseigner. Sans convention identifiée, la réponse reste celle du Code du travail, et la vérification du texte applicable reste à faire avant tout calcul.
Sources consultées
- Préavis de licenciement d'un salarié | Service Public Entreprendreentreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 5 octobre 2026
- Préavis de licenciement : quelle durée selon l’ancienneté et le statut ? - Code du travail numériquecode.travail.gouv.fr · consulté le 5 octobre 2026