
QuestionRelu par Hugo Berton
NIS 2 : les dix mesures de gestion des risques, lues pour une TPE
Mesures de gestion des risques NIS 2 : les dix familles que la directive impose au minimum, et pourquoi une TPE hors champ les retrouvera dans un questionnaire client.
Par Hugo Berton · · 3 min de lecture · relu le 14 septembre 2026
En bref
La directive NIS 2 impose dix familles de mesures de gestion des risques, au minimum : analyse des risques, gestion des incidents, continuité, sécurité de la chaîne d'approvisionnement, sécurité du développement, évaluation de l'efficacité, cyberhygiène et formation, cryptographie, ressources humaines et contrôle d'accès, authentification à plusieurs facteurs. Une TPE hors champ les retrouvera dans les questionnaires de ses donneurs d'ordre.
- 10 famillesmesures que la directive NIS 2 impose « au moins » aux entités essentielles et importantes (article 21, paragraphe 2)
- 3 critèresce qui module la proportionnalité : exposition aux risques, taille de l'entité, probabilité et gravité des incidents
Mesures de gestion des risques : le principe avant la liste
La directive (UE) 2022/2555, lue sur EUR-Lex le 14 septembre 2026, demande des mesures « techniques, opérationnelles et organisationnelles appropriées et proportionnées pour gérer les risques qui menacent la sécurité des réseaux et des systèmes d'information » utilisés par l'entité, et « pour éliminer ou réduire les conséquences que les incidents ont sur les destinataires de leurs services et sur d'autres services ».
Le mot « proportionnées » n'est pas décoratif : la directive précise ce qui module l'exigence. Il faut tenir compte « de l'état des connaissances » et « du coût de mise en œuvre », et « du degré d'exposition de l'entité aux risques, de la taille de l'entité et de la probabilité de survenance d'incidents et de leur gravité ». Une TPE et un opérateur national ne sont pas tenus au même niveau d'effort pour la même famille de mesure.
L'approche est globale : les mesures « sont fondées sur une approche «tous risques» qui vise à protéger les réseaux et les systèmes d'information ainsi que leur environnement physique contre les incidents ». L'environnement physique compte donc autant que le pare-feu.
Les dix familles, telles que la directive les écrit
L'article 21, paragraphe 2, énumère ce que les mesures comprennent « au moins ». Chaque ligne du tableau est le texte même de la directive.
| # | Ce que la directive impose au minimum |
|---|---|
| a | « les politiques relatives à l'analyse des risques et à la sécurité des systèmes d'information » |
| b | « la gestion des incidents » |
| c | « la continuité des activités, par exemple la gestion des sauvegardes et la reprise des activités, et la gestion des crises » |
| d | « la sécurité de la chaîne d'approvisionnement, y compris les aspects liés à la sécurité concernant les relations entre chaque entité et ses fournisseurs ou prestataires de services directs » |
| e | « la sécurité de l'acquisition, du développement et de la maintenance des réseaux et des systèmes d'information, y compris le traitement et la divulgation des vulnérabilités » |
| f | « des politiques et des procédures pour évaluer l'efficacité des mesures de gestion des risques en matière de cybersécurité » |
| g | « les pratiques de base en matière de cyberhygiène et la formation à la cybersécurité » |
| h | « des politiques et des procédures relatives à l'utilisation de la cryptographie et, le cas échéant, du chiffrement » |
| i | « la sécurité des ressources humaines, des politiques de contrôle d'accès et la gestion des actifs » |
| j | « l'utilisation de solutions d'authentification à plusieurs facteurs ou d'authentification continue, de communications vocales, vidéo et textuelles sécurisées et de systèmes sécurisés de communication d'urgence au sein de l'entité, selon les besoins » |
Pourquoi une TPE hors champ a intérêt à la lire
Le point d) est celui par lequel la directive atteint les entreprises qu'elle ne vise pas. Les entités assujetties doivent tenir compte « des vulnérabilités propres à chaque fournisseur et prestataire de services direct et de la qualité globale des produits et des pratiques de cybersécurité de leurs fournisseurs et prestataires de services, y compris de leurs procédures de développement sécurisé ».
Traduit en pratique : le questionnaire de sécurité qu'un grand donneur d'ordre envoie à ses prestataires est construit sur cette liste. La connaître, c'est savoir ce qui sera demandé — et pouvoir répondre sans y passer une semaine. Le sujet du périmètre est traité sur notre page sur NIS 2 et la chaîne d'approvisionnement.
Sept des dix familles ont déjà leur page chez nous, parce qu'elles valent pour toute entreprise : les sauvegardes, les mots de passe, les mises à jour, l'antivirus, la conduite à tenir en cas de cyberattaque, l'hameçonnage et le socle du dirigeant.
Ce que la directive attend quand on n'est pas conforme
La directive ne s'arrête pas à l'obligation : elle règle le cas du manquement constaté par l'entité elle-même. « lorsqu'une entité constate qu'elle ne se conforme pas aux mesures prévues au paragraphe 2, elle prenne, sans retard injustifié, toutes les mesures correctives nécessaires appropriées et proportionnées. »
Autrement dit, l'autoévaluation n'est pas neutre : constater un écart déclenche une obligation d'agir. C'est aussi ce qui rend utile la famille f), les procédures « pour évaluer l'efficacité des mesures » — sans elle, on ne constate jamais rien.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne dit pas qui est assujetti — c'est l'objet d'une autre page — ni quelles exigences techniques les actes d'exécution de la Commission ont fixées pour les fournisseurs de services numériques. Elle ne traite ni les mesures de supervision, ni les amendes, ni la transposition française. Directive lue sur EUR-Lex le 14 septembre 2026, dans le texte publié au Journal officiel de l'Union européenne.
Questions fréquentes
Combien de mesures NIS 2 impose-t-elle ?
Dix familles au minimum, listées à l'article 21, paragraphe 2 : analyse des risques, gestion des incidents, continuité, chaîne d'approvisionnement, sécurité du développement et des vulnérabilités, évaluation de l'efficacité, cyberhygiène et formation, cryptographie, ressources humaines et contrôle d'accès, authentification à plusieurs facteurs.
Ces mesures sont-elles les mêmes pour tous ?
Non. Elles doivent être appropriées et proportionnées, en tenant compte de l'état des connaissances, du coût de mise en œuvre, du degré d'exposition aux risques, de la taille de l'entité et de la probabilité et de la gravité des incidents.
Une TPE non assujettie est-elle concernée ?
Pas directement. Mais les entités assujetties doivent tenir compte des vulnérabilités et des pratiques de cybersécurité de leurs fournisseurs et prestataires directs : la liste devient alors le questionnaire adressé aux sous-traitants.
Que faire si l'on constate un écart ?
La directive impose de prendre, sans retard injustifié, toutes les mesures correctives nécessaires, appropriées et proportionnées.
La sécurité physique fait-elle partie du périmètre ?
Oui : l'approche est dite « tous risques » et vise à protéger les réseaux et systèmes d'information ainsi que leur environnement physique contre les incidents.
Sources consultées
- EUR-Lex — Directive (UE) 2022/2555 (NIS 2), texte publiéeur-lex.europa.eu · consulté le 14 septembre 2026