
QuestionRelu par Hugo Berton
Produits défectueux : le logiciel inclus après le 9 décembre 2026
Produits défectueux : la directive 2024/2853 range les logiciels, SaaS compris, parmi les produits mis sur le marché après le 9 décembre 2026, avec les mises à jour.
Par Hugo Berton · · 3 min de lecture · relu le 14 septembre 2026
En bref
La directive (UE) 2024/2853 sur la responsabilité du fait des produits défectueux s'applique aux produits mis sur le marché ou mis en service après le 9 décembre 2026, date limite de transposition. Elle range les logiciels parmi les produits, quel que soit leur mode de fourniture, y compris en logiciel en tant que service. L'éditeur répond sans faute des dommages causés par un défaut, y compris un défaut de cybersécurité ou l'absence d'une mise à jour de sécurité restée sous son contrôle. La victime dispose de trois ans pour agir.
- 9 décembre 2026date après laquelle les produits mis sur le marché ou mis en service relèvent de la directive (UE) 2024/2853
- 10 ansdélai de forclusion à compter de la mise sur le marché ou de la mise en service du produit défectueux
Produits défectueux : le logiciel entre dans la définition
La directive (UE) 2024/2853 du 23 octobre 2024, lue sur EUR-Lex en version française le 15 septembre 2026, remplace la directive 85/374/CEE. Sa définition du produit vise tout meuble, et « le terme comprend l'électricité, les fichiers de fabrication numériques, les matières premières et les logiciels ». Elle s'applique « aux produits mis sur le marché ou mis en service après le 9 décembre 2026 ».
Le considérant 13 précise que le logiciel est un produit « quel que soit son mode de fourniture ou d'utilisation », qu'il soit installé sur un appareil, accessible en nuage ou fourni dans le cadre d'un modèle de logiciel en tant que service. Les informations, elles, ne sont pas un produit, comme le contenu de fichiers numériques tels que « les fichiers médias, les livres électroniques ».
Les logiciels libres et ouverts développés ou fournis en dehors d'une activité commerciale sont exclus. Mais un produit fourni dans le cadre d'une activité commerciale entre dans le champ, à titre onéreux ou gratuit, selon le considérant 26.
Qui répond du défaut
Le fabricant est celui qui met au point, fabrique ou produit un produit, ou qui le fait concevoir et se présente comme son fabricant en y apposant son nom ou sa marque. Le fabricant d'un composant répond aussi du défaut lorsque ce composant, y compris un service numérique connexe, a été intégré sous le contrôle du fabricant du produit.
Celui qui modifie substantiellement un produit hors du contrôle du fabricant et le remet sur le marché devient fabricant. Si aucun opérateur responsable établi dans l'Union ne peut être identifié, le distributeur répond lorsqu'il n'en désigne pas un dans un délai d'un mois après la demande de la victime, règle étendue sous conditions aux plateformes en ligne.
| Opérateur | Quand il répond |
|---|---|
| fabricant du produit | toujours, y compris pour un composant défectueux intégré sous son contrôle |
| fabricant du composant | si le composant intégré ou interconnecté sous le contrôle du fabricant a causé le défaut |
| importateur, mandataire, prestataire d'exécution des commandes | si le fabricant est établi hors de l'Union, dans cet ordre subsidiaire pour le dernier |
| auteur d'une modification substantielle | il est considéré comme fabricant du produit modifié |
| distributeur ou plateforme en ligne | s'il n'identifie pas un opérateur responsable dans un délai d'un mois après la demande |
Quand un logiciel est-il défectueux
« Un produit est considéré comme défectueux lorsqu'il n'offre pas la sécurité à laquelle une personne peut légitimement s'attendre ou qui est requise par le droit de l'Union ou le droit national. » L'article 7 cite parmi les circonstances la capacité du produit à poursuivre son apprentissage après sa mise sur le marché, l'effet des produits interconnectés et les exigences de sécurité, y compris les exigences de cybersécurité pertinentes pour la sécurité.
À l'inverse, un produit n'est pas défectueux au seul motif qu'une version plus perfectionnée ou une mise à jour a été publiée depuis. Les obligations de signalement des failles sont sur notre page sur le règlement cyberrésilience.
Mises à jour : pas d'exonération sous le contrôle du fabricant
L'article 11 énumère les exonérations, dont le fait que le défaut n'existait probablement pas lors de la mise sur le marché, ou que l'état objectif des connaissances scientifiques et techniques ne permettait pas de le déceler. Mais le paragraphe 2 ferme la première porte lorsque le défaut, resté sous le contrôle du fabricant, est dû à un service connexe, à « des logiciels, y compris des mises à jour ou mises à niveau logicielles », à « une absence de mises à jour ou de mises à niveau logicielles nécessaires au maintien de la sécurité » ou à une modification substantielle.
Pour un éditeur, un correctif de sécurité non publié devient donc un sujet de responsabilité, pas seulement de maintenance. La gestion des correctifs côté utilisateur est sur notre page sur les mises à jour des logiciels.
Dommages couverts et délais
Le droit à réparation couvre la mort et les lésions corporelles, y compris l'atteinte médicalement reconnue à la santé psychologique, le dommage aux biens et la destruction ou la corruption de données. Il exclut le produit défectueux lui-même, « des biens utilisés exclusivement à des fins professionnelles », et les données utilisées à des fins professionnelles : une entreprise victime d'un logiciel défectueux ne peut pas s'en servir pour ses données de travail.
| Délai | Règle de la directive |
|---|---|
| prescription | 3 ans à compter du jour où la victime connaît ou aurait dû connaître le dommage, le défaut et l'opérateur responsable |
| forclusion | 10 ans à compter de la mise sur le marché ou de la mise en service, ou de la remise sur le marché après modification substantielle |
| transition | la directive 85/374/CEE continue de s'appliquer aux produits mis sur le marché ou mis en service avant le 9 décembre 2026 |
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne traite pas des dispositions françaises de transposition, attendues au plus tard le 9 décembre 2026 et que nous n'avons pas lues, ni des règles de divulgation des preuves et de présomption des articles 9 et 10, ni de l'assurance. Directive lue sur EUR-Lex le 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Un logiciel en SaaS est-il un produit au sens de la directive ?
Oui : le considérant 13 précise que le logiciel est un produit quel que soit son mode de fourniture, y compris dans le cadre d'un modèle de logiciel en tant que service.
À partir de quand la directive s'applique-t-elle ?
Aux produits mis sur le marché ou mis en service après le 9 décembre 2026 ; l'ancienne directive 85/374/CEE continue de s'appliquer aux produits antérieurs.
Un éditeur peut-il s'exonérer si le défaut vient d'une mise à jour ?
Non, tant que le logiciel reste sous son contrôle : l'exonération tirée de l'absence de défaut à la mise sur le marché ne joue pas pour les mises à jour ou l'absence de mises à jour de sécurité nécessaires.
Une entreprise peut-elle obtenir réparation de la perte de ses données professionnelles ?
Non au titre de cette directive : elle exclut les biens utilisés exclusivement à des fins professionnelles et ne couvre que les données qui ne sont pas utilisées à des fins professionnelles.
Quel délai pour agir ?
Trois ans à compter de la connaissance du dommage, du défaut et de l'opérateur responsable, dans la limite d'un délai de forclusion de 10 ans.
Sources consultées
- EUR-Lex — Directive (UE) 2024/2853 du 23 octobre 2024 relative à la responsabilité du fait des produits défectueux (lue le 15 septembre 2026)eur-lex.europa.eu · consulté le 14 septembre 2026